Fêtes juivesItshak NabetLes trois semaines

Reconstruire grâce à l’amour gratuit

Par Itshak Nabet

Comme vous le savez tous, la cause principale qui entraîna la destruction du second Temple fut l’instauration de haine gratuite entre les bné Israël. Nos sages enseignent qu’à cette époque, il y avait énormément de Torah et de Mitsvot. La ville de Jérusalem resplendissait de toute sa gloire, tant sur un plan spirituel que matériel. Une seule ombre obscurcit ce si joli tableau: le manque d’amour et de fraternité entre nos ancêtres eux-mêmes. A cause de cette principale faute, le Beth Amikdach fut brûlé et nous fûmes contraints à l’exil pour plus de deux mille ans.

C’est pour cette raison que le Hida zl et de nombreux Tsadikim nous informent que seule la réparation de cette faute mettra une fin à cette situation et nous permettra de voir les temps messianiques. Et, ainsi, il est écrit à la fin du traité de Taanit (31, a) qu’à la fin des temps, les tsadikim feront une grande ronde autour d’Hachem au Gan Eden. Nos sages expliquent que si nous nous donnons la main tous ensemble, et si nous nous considérons tous égaux, malgré nos différences, alors Hachem résidera parmi nous dans ce bon Gan Eden que nous espérons tant.

Or, comme nous l’avons dit, le travail essentiel pendant ces trois semaines de Ben Amétsarim est de reconstruire le Temple et de rapprocher la venue de Machiah. C’est pourquoi Hachem nous envoie pendant cette période une aide divine pour parvenir à effacer toute la haine gratuite qui sommeille en nous. Nous allons donc essayer de comprendre comment nous devons travailler pendant les quelques jours qui nous restent.

Notre devoir religieux envers autrui se divise en deux parties qui contiennent, chacune, deux sous- parties. La première étape consiste à s’éloigner du mal. L’aspect extérieur de ce travail s’accomplit en s’empêchant de prononcer toute parole blessante, humiliante, et en veillant à ne pas énerver ou dévaloriser quiconque par l’intermédiaire de nos actes. Et, d’une manière plus profonde, nous devons enlever de nos cœurs et de notre esprit toute pensée négative, tout jugement et toute impression de supériorité vis-à-vis de l’autre. Pendant ces trois semaines, il nous faut fuir ces mauvaises pensées comme des pensées d’idolâtrie.

D’un autre coté, nous devons essayer de faire le bien autant que nous pouvons. Encore une fois, extérieurement, cela s’exprime par la multiplication de paroles réconfortantes. Il faut aussi savoir être à l’écoute de l’autre, être souriant, rendre service dans la mesure de nos possibilités…Et au fond de nous, Hachem attend que nous comprenions combien chaque juif est important à Ses yeux. Car même le plus éloigné de nos frères est appelé le fils unique et chéri de notre Créateur. Et même si nous lui voyons de nombreux défauts, nous devons savoir que ce ne sont que des habits qui recouvrent un trésor.

Nos sages nous enseignent, et notamment le Sefer Ahinoukh, que l’intériorité d’un homme est influencée par ses actes. Ainsi, le meilleur moyen pour ancrer l’amour gratuit au fond de nous réside dans la répétition de signes affectifs extérieurs. En essayant de parler à tous avec douceur et gentillesse, nous parviendrons à nous améliorer en profondeur, et à devenir bon.

Il faut savoir que l’essentiel du travail doit s’effectuer à la maison. Comme l’enseigne rabénou Eliméle’h zal: Il ne faut conserver aucune rancune au sein de nos foyers. En effet, de nombreuses personnes paraissent sympathiques et gentilles aux yeux du monde, mais,rentrées chez elles, elles dévoilent aussitôt leur véritable visage. Elles deviennent désagréables et parfois même tyranniques envers leur femme et leurs enfants. C’est pourquoi nos sages enseignent que l’essentiel de la Mitsva d’aimer son prochain commence dans son foyer avec sa famille.

Les temps messianiques sont comparés au Chabat Kodech. Comme nous le savons tous, les quelques heures avant Chabat sont toujours les plus difficiles à gérer. Il y a beaucoup de tension, et chaque mot déplacé peut entraîner d’intenses disputes. A tel point qu’il est écrit dans le traité Chabat (34;a) que même s’il faut rappeler à sa femme d’allumer les bougies, il faut le formuler avec douceur si on désire être écouté. Notre époque est semblable à ces vendredis après-midi. Chaque regard, chaque mot peut causer de la peine à autrui.

C’est pour cela que,plus que jamais,nous devons essayer d’être souriant et de réconforter notre entourage. Car nous n’imaginons pas la portée de nos actes. En donnant un peu d’affection, nous pouvons encourager nos proches davantage que para de longs discours. Alors profitons de ces jours de Ben Amétsarim pour débuter ce magnifique projet. Essayons de toutes nos forces de développer notre amour pour autrui. Multiplions les actes positifs, en particulier envers nos familles et nos proches. Car en réparant la faute qui entraîna la destruction du Temple, nous pouvons devenir les artisans de sa reconstruction, et vivre enfin ce long Chabat que nous attendons tellement

Dvar thora inspire de Si’hot Hit’hazkout

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