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Le sens de l’exil

Par Itshak Nabet

Comme vous le savez, nous sommes à quelques jours du 9 av. C’est pourquoi il est important de se préparer à cet événement. La première question que nous devons nous poser est: quel est le sens de ce jeûne? De nombreuses personnes pensent que le but de cette journée est de se remémorer la destruction du Temple et des victimes des différents exils. Et pourtant le Michna Broura (siman 549, halakha a, séif a) explique que le jeûne est un moyen de nous éveiller à la Téchouva. Ainsi, un homme qui jeûne mais qui ne fait pas Téchouva, et passe sa journée à se balader, par exemple, transforme l’essentiel en accessoire. Car chaque juif à l’obligation, en ce jour, de demander pardon à Hachem pour les fautes qu’il a commises et se doit de chercher comment il peut s’améliorer. Alors, si c’est ainsi, pourquoi lisons-nous des textes sur la destruction du Temple et sur l’exil toute la journée? Si l’essentiel est la Téchouva, lisons des textes de morale qui nous aident à nous repentir.

Afin de répondre à cette question, nous allons essayer de comprendre quel est le sens de l’exil.

Il est écrit dans le livre des Lamentations (1, 3)  » La tribu de Yéhouda a été exilée;elle est pauvre et accablée par une dure servitude. Elle demeure parmi les nations sans trouver le repos… » Le Méam Loez explique ce verset par l’intermédiaire d’une parabole: Un homme avait un fils unique très malade. Les médecins qui examinèrent l’enfant mirent en garde le papa: celui-ci devait très peu dormir pour que le traitement fonctionne. Le père donna à son fils les médicaments et lui retira sa couette et son coussin pour l’empêcher de se reposer. Ainsi, pendant quelques jours, l’enfant dormait beaucoup moins et se rétablissait correctement. Seulement, il s’habitua vite au manque de couverture et se remit à dormir comme avant. Le père, inquiet pour la santé de son fils, décida de lui retirer entièrement le lit. L’enfant, qui était à présent par terre, guérissait à nouveau. Mais encore une fois, le fils s’adapta à sa nouvelle condition. Alors le père fut contraint de lui attacher les cheveux au plafond pour l’empêcher de somnoler.

Le message de cette image est le suivant. Tant que nous dormons dans l’accomplissement des mitsvot et que nous délaissons le service divin, nous somme en danger spirituellement. Or, comme souvent, ce relâchement provient d’une abondance matérielle, Hachem commence par diminuer notre confort et nous rend la vie plus difficile afin de nous réveiller. Or nos ancêtres se sont habitués à cette pauvreté et n’ont pas fait Téchouva. C’est pourquoi  notre Père céleste fut contraint d’augmenter les souffrances jusqu’à nous exiler de notre Terre. Mais là encore, les bné Israël refusèrent d’abandonner leur mauvaise voie et, plus que cela, ils trouvèrent ce pays étranger agréable et commencèrent une nouvelle vie. Jérémie se lamente dans le verset sur le nombre de châtiments affligés à son peuple. Et se demande pourquoi ses frères forcent Hachem à les punir autant, « réveillez- vous et revenez vers lui » s’écrie-t-il.

Désormais, nous pouvons comprendre pourquoi l’étude de ces textes doit nous aider à faire Téchouva. Comme nous l’avons vu, le but de l’exil est de nous inciter à nous repentir. Les difficultés de la vie nous entraînent à implorer le ciel et à revenir vers de plus justes chemins. A l’image d’un fils qui veut retrouver l’amour de son père après avoir été corrigé. Or, si comme des enfants rebelles nous continuons d’énerver nos parents, nous annulons tous le sens de la punition. C’est pourquoi en ce jour du 9 av qui représente le symbole de l’exil, le jour où tout a commencé, nous devons nous arrêter un instant et réfléchir sur nos vies. Est-ce que nous essayons de revenir à la maison ou, au contraire, est-ce que nous essayons de trouver le repos dans cet exil?

Hélas, comme l’enfant de cette parabole, on s’est habitué à dormir par terre au lieu d’implorer le ciel de nous délivrer. Voilà pourquoi un jour par an, à ce moment, nous jeûnons et examinons nos actes. On se rappelle toutes les souffrances de cet exil, la destruction du Temple et la mort de nos Tsadikim. En d’autres termes, on observe tous les moyens qu’Hachem a utilisés pour nous réveiller. Ainsi, mes chers amis, nous savons ce qui nous reste à faire ce mardi. Il faut enfin ouvrir les yeux et comprendre que cette vie parmi les nations du monde doit s’arrêter. Nous devons demander pardon au Maître du Monde pour nos fautes et celles de nos parents. Et, surtout, décidons d’une manière définitive de nous rapprocher de la Torah et des mitsvot afin que le Temple soit très prochainement reconstruit.

C’est ainsi que nous sortirons de cette journée remplis d’un désir de Téchouva et prêts à aborder le mois de Elloul et les fêtes de Tichri, amen ken Yéhi ratson.

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