Itshak NabetPensée JuivePirké Avot- Les Maximes des Pères

Pirké Avot: La véritable Richesse

par Itshak Nabet

Ben Zoma dit dans la première Michna du quatrième chapitre des maximes des pères:

 » Qui est l’homme sage? Celui qui apprend de tout homme…Qui est l’homme fort? Celui qui maîtrise son mauvais penchant…Qui est l’homme riche? Celui qui est heureux de sa part…Qui est l’homme digne d’honneur? Celui qui honore les autres… »

Si nous comprenons que les définitions de la sagesse, de la force et de l’honneur demandent des explications, a priori, la richesse semble une notion évidente: un riche est une personne qui possède beaucoup de biens. Alors quel est le sens de la question de Ben Zoma? De plus, comment une personne ayant des difficultés peut elle être heureuse de ses souffrances? N’aurait-il pas été plus adapté de dire : « celui qui se contente ou se suffit de son sort »?

Nous connaissons tous le célèbre proverbe: « l’argent ne fait pas le bonheur ». Les journaux ne cessent de relater les déboires politiques, financiers et familiaux de célébrités et autres fortunes mondiales. Et si on observe un peu, on peut s’apercevoir que la vie de ces gens n’est absolument pas enviable. Ils travaillent, pour beaucoup, du matin jusqu’à très tard dans la nuit, tous les jours de l’année sans prendre de vacances. Ils ne profitent pratiquement pas de leur famille et de leurs biens. Et c’est souvent, lorsqu’ils sont trop vieux pour travailler, qu’ils comprennent que le temps a déjà filé sans qu’ils aient eu le temps d’en jouir.

En outre, il est écrit dans le livre de Qohélet (5;9) du roi Salomon que « celui qui aime l’argent n’est jamais rassasié ». Lorsqu’il a cent, il veut deux cents. Puis lorsqu’il possède ses deux cents, il en désire quatre cents…Ainsi,plus un homme dispose de biens, plus il en convoite et finalement plus il lui en manque! C’est pourquoi il paraissait évident pour Ben Zoma que ce n’est pas le compte en banque qui détermine la vraie richesse. Alors, il décida de chercher qui est l’homme qui profite vraiment de ses jours et qui connaît le véritable bonheur…

Après cette étude, il arriva à la conclusion que seul celui qui est heureux de son sort est un véritable riche! Puisqu’il ne désire pas ce qu’il ne possède pas, il ne vit jamais dans le manque. Cependant il nous reste à comprendre comment parvenir au niveau de ces riches de la Michna, comment être heureux de notre vie malgré les manques apparents.

Il est écrit dans le traité de Nida (16,b): » Rabi Hanina bar Papa enseigne qu’il existe un ange qui s’occupe des naissances. Celui-ci mène la semence devant le Tout Puissant et Lui demande: qu’est-il fixé pour cet enfant? Sera-t-il fort ou faible, riche ou pauvre? Le midrach Tanhouma ajoute,dans la paracha  Pékoudé: un homme ou une femme, grand ou petit, beau ou laid? Et,ainsi,Hachem décrète sur l’âme qui va descendre tous les paramètres de sa vie sauf s’il sera un juste ou un impie. » Nous pouvons apprendre de ces textes que chaque être vivant vient sur Terre avec une mission très précise et de nombreuses actions qu’il doit accomplir ou réparer. Afin de parvenir à effectuer cet objectif, Hachem donne à chacun les conditions qui sont nécessaires à cette mission.

Par exemple, nous savons que Rabi Yéouda Anassi (le rav qui compila les michnayottes, il y a près de deux mille ans) était très riche. A toute saison, il possédait les plats les plus raffinés sur sa table, nous dit le talmud. Or toute sa fortune lui servit à répandre la Torah et à sanctifier le nom d’Hachem en donnant
à tous les nécessiteux. Il reçut ainsi de nombreux moyens pour réaliser son rôle de prince,de chef spirituel. A l’inverse, de nombreux sages et tsadikim vécurent dans la pauvreté la plus totale. D’autres n’eurent pas le privilège d’enfanter…Cependant tous servirent Hachem avec joie et ferveur car ils comprirent que la vie qu’ils avaient représentait le seul moyen pour atteindre leur plénitude et pour réaliser le but de leur venue sur Terre.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas s’efforcer de travailler et de faire des efforts pour combler ses manques. Mais ce que nous devons comprendre, c’est que nous avons tous un destin à accomplir. Et les éléments que nous possédons- notre corps, notre famille, notre situation-…sont les meilleurs moyens pour y parvenir. Ainsi, si nous vivons avec cette conviction, nous pouvons être sûrs d’être heureux de notre sort. Car il n’existe pas de meilleure fortune pour nous que ce que nous possédons actuellement. Nous pouvons profiter de chaque jour, pleinement, sans jamais ressentir le manque. Ben Zoma nous dévoile donc cette semaine le secret pour devenir un véritable riche.Alors ne gaspillons pas ses précieux conseils, et commençons dès à présent à être heureux!

Dvar Thora inspire de Netivot Chalom sur les Pirke Avot

 

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