Dov UzanLois juives

Le Chéma

La lecture du Chéma

Par Dov Uzan

Écoute, Israël, l’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est UN.

 

 

I. Introduction.

A. Lire le Chéma : Ordre de la Tora.

Hachem nous a ordonné, dans Sa Tora, de lire le Chéma à notre couché et à notre levé : les deux moments opposés de la journée. La raison en est que c’est dans la nature de l’homme d’être attiré par le matériel et de rechercher la satisfaction de ses envies. Le rôle du Chéma est de nous faire prendre conscience du règne d’Hachem dans ce monde, et donc de nous faire maitriser nos actions de la journée et de la nuit.
Pour cette raison, la première mitsva qu’un père doit exécuter est d’apprendre le Chéma à son fils des qu’il commence à parler pour qu’il puisse le réciter. C’est aussi la première mitsva que rencontre le Bar Mitsva à 13 ans : le Chéma de Arvite. Aussi il convient de bien avertir le Bar Mitsva, même s’il est très occupé ce jour là, de faire attention à être bien concentré et attentionné au moment de lire son premier Chéma, car, comme nous l’enseigne nos maîtres : « Tout va d’après le début ». Une mitsva entraine une autre mitsva et une avéra (péché) entraine une autre avéra.

B. Lire le Chéma équivaut à l’étude de la Tora.

Une autre raison pour laquelle les hahamim ont institué de lire 2 fois par jour le Chéma est pour concilier 2 passouq (paragraphe) de la Tora qui ont l’air, à première vue, opposés. Dans le premier passouq il est marqué de : « ne pas éloigner le Séfer Tora de ta bouche, tu t’y afféreras jour et nuit » (donc nous ne pouvons pas nous interrompre) et dans le deuxième passouq il est marqué : « 6 jours tu travailleras » (donc nous pouvons nous interrompre) car pour celui qui lit le Chéma c’est comme s’il lisait toute la Tora car, dans les 3 parachiot qui sont incluses dans le Chéma il est fait allusion aux 10 commandements, et dans les 10 commandements sont incluses les 613 mitsvot de la Tora.

On explique également cette contradiction par une parabole : Un roi a donné à son fils beaucoup de champs et celui-ci travaillait très dur pour les faire fructifier. Quand son père a vu cela il a repris un champ et y a planté toute sorte de fruits. Ainsi, en travaillant une seule terre, le fils arrive à récolter les plus beaux fruits. Hachem a fait pareil avec nous. Il nous a ordonné de faire les 613 mitsvot, et cela est très dur mais ne fixe aucune limite à notre salaire, mais pour ceux qui y arrivent difficilement il est suffisant de faire le Chéma jour et nuit et avec cela nous avons accomplit toute la Torah.

Dans la guémara de Menahot on ramène un enseignement au nom de Rabbi Chimon Bar Yohai qui dit que si un homme accomplit seulement la lecture du Chéma le matin et le soir il accomplit le commandement de « ne pas éloigner le Séfer Tora de ta bouche ». Il y a lieu de s’étonner car ce commandement comprend toute la Tora avec toutes ses mitsvot, alors comment y être quitte avec la seule mitsva du Chéma. Nous sommes forcés de dire que la lecture du Chéma équivaut à toute la Tora.

Plus que cela : la Tora dit « dans la Tora tu va te fatiguer jour et nuit ». Les hahamim nous enseignent que lire le Chéma nous est compté comme si nous nous étions fatigués dans la Tora matin et soir.

Donc le Chéma n’équivaut pas seulement à la Tora mais, plus encore, il est apprécié aux yeux d’Hachem comme il lui est apprécié un juif qui se fatigue dans l’étude de la Tora. La raison en est simple car le fondement de la Tora est inclus dans les deux premiers commandements dit par Hachem lui même.
Le Or Hahaim explique que dans les 613 mitsvot il y en a 365 négatifs et 248 positifs.
Le premier commandement : « Je suis ton D.ieu, qui t’a sorti d’Egypte » représente tous les commandements positifs.
Le second commandement « Tu n’aura pas d’autres D.ieux que moi » » représente tous les commandements négatifs.
Et donc dans le Chéma est inclus toute la Tora, c’est-à-dire les 613 mitsvot et donc, lorsque je le lis je prends sur moi le joug d’Hachem et de ses mitsvot. Hachem nous compte comme si nous les avions accomplies.
Quand une personne lit le Chéma il accomplit plusieurs mitsvot :
1 – Croire qu’il y a dans le monde un D.ieu unique, qui est éternel et qui a crée tout ce qui existe. Qui nous a sortit d’Egypte et nous a donné la Tora. Ceci est un grand principe de foi et celui qui n’y croit pas est considéré comme ayant tout renié et n’as pas sa part dans le peuple d’Israël.
2 – La mitsva d’aimer Hachem. C’est par l’étude de la Tora et de la morale que l’amour s’installe dans notre cœur.
3 – Croire que c’est Lui qui a crée les cieux et la terre et qui réside partout : en haut, en bas, dans les quatre coins cardinaux.
Ces mitsvot peuvent être accomplies à chaque moment où nous sommes libres des préoccupations du monde. Lorsque nous pensons à l’unicité d’Hachem, que nous aimons Hachem, etc.. Nous accomplissons en un instant une multitude de mitsvot dont la valeur est illimitée.

C. Allusion aux 10 commandements.

Paroles du Chéma
10 commandements en référence
Chéma Israël (écoute Israël)
Anohi Hachem (je suis votre D.ieu qui vous a sorti d’Egypte)
Hachem éhad (Hachem est UN)
Lo yié léha (tu n’auras pas d’autre dieux que moi)
Weahavta (tu aimera ton D.ieu)
Lo tissé ( ne pas faire de serment en vain – car celui qui aime son roi ne jure pas en vain en son nom)
Lema’ane tizkerou, wa’assitém éte kol mitswotaîe
(Afin que vous vous rappeler et accomplissez tous les commandements)
Zahor éte yom achabbat (souvient toi du jour de Chabbat – car chabbat équivaut à toutes les mitsvot de la Tora)
Lena’ane yirbou yemeikhém wimei veneikhém
(Afin que se multiplie vos jours et ceux de vos enfants)
Kavod éte aviha (respecte ton père et ta mère – car celui qui accompli ce commandement allonge sa vie)
Waavadtem mehèra mé’al haarétss
(Et vous disparaitrez vite de ce pays)
Lo Tihtsar (ne pas tuer) car celui qui tue, on le tue.
Welo tatourou aharei levavkhém weaharei ‘eineikhém (vous n’errerez pas après votre cœur et après vos yeux qui vous entrainent à la débauche)
Lo Tinaf (ne pas commettre d’adultère – car le cœur et les yeux sont les 2 moteurs de la faute)
Weassafta deganékha (tu engrangeras ton froment)
Lo tignov (ne pas voler – car il est marqué « tu engrangeras ton froment » et pas celui d’un autre)
Ani ADONAÏE Eloheikhém (je suis Hachem votre D.ieu)
Lo Teané (tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain – car cela est comme si nous renions qu’Il a crée le ciel et la terre, qui est un des témoignages entre Hachem et nous)
Oukhtavtam al mezouzote beitékha ouviche-arékha
(Ecrire la mezouzot sur les poteaux de ta maison et de ta ville)
Lo Tarmod (ne pas envier ton prochain – car il est écrit « Ta maison » et pas celle d’un autre)

II. Quelques halahot.

A. Mitsva d’oraita.

Les possekim citent deux attentions à avoir au moment de lire le Chéma :
Penser que nous accomplissons une mitsva d’Oraïta que Hachem nous a ordonné.
Prendre sur nous le joug de la royauté d’Hachem.
L’homme doit faire régner Hachem qui est le maitre de toutes choses et donc s’annuler soi même face à Lui et à sa volonté jusqu’à avoir sa néchama collée avec Hachem, ce qui est le principal du service de l’homme. Ainsi celui qui n’a pas travaillé ses traits de caractère et n’a pas annulé ses envies et donc laissé place à son orgueil ne peut pas lire le passouq du Chéma avec l’attention recommandé. Car il faut beaucoup d’humilité pour déclarer sincèrement la royauté d’Hachem et se considérer comme son esclave.

B. Faire téchouva.

Avant de lire le Chéma il faut faire téchouva (se repentir) car il nous a été ordonné de lire le Chéma afin de témoigner de l’unicité d’Hachem. C’est pour cela que les lettres ע et ד sont écrites en plus grands caractères que le reste de la phrase (עד = témoin) pour nous rappeler le but du Chéma. Et une personne n’est pas « cacher », habilité à témoigner s’il n’a pas fait téchouva au préalable.
La téchouva nous aide à contrôler notre cœur et nos pensées de façon à ne plus faire de fautes.

C. Lire le Chéma en son temps.

Dans la guémara Brahot, Rav Mani dit ; »Il est plus grand de lire le Chéma en son temps que d’être affairé à l’étude de la Tora » et le Midrash dit qu’il est préférable, pour Hachem, de lire le Chéma en son temps, et cela plus que 1000 offrandes amenées sur l’autel.
De préférence, il faut lire le Chéma de Arvit juste après la sortie des étoiles (3 petites étoiles) car il faut être empressé de faire les mitsvot et ne pas attendre. Nous pouvons le lire jusqu’au milieu de la nuit (Hatsot Alaila). C’est ainsi qu’ont tranché les Hahamim de peur que nous oublions ou que nous nous endormissions et qu’alors nous rations la mitsva.
Celui qui lit le Chéma après Hatsot et cela jusqu’au levé du jour aura accompli la mitsva d’Oraïta mais aura transgressé les dires des sages. Apres le levé du jour il aura perdu sa mitsva.

D. Règles pendant la journée.

Si nous disons le Chéma de Arvit après le plag de minha, alors qu’il fait encore jour, nous devrons refaire le Chéma durant la nuit.
Le matin, il faut lire le Chéma de Cha’harit de préférence 3 ou 4 minutes avant le nets, de façon à lire la Amida au nets. Nous pouvons encore la faire jusqu’à la troisième heure de la journée (heure zmaniot).

E. Le Chéma et manger ou dormir.

Il est interdit de commencer un repas à base de pain dans les 30 minutes avant la sortie des étoiles qui est le début de la mitsva, mais il est permit de manger des fruits ou des gâteaux – d’environ 230 grammes – car après, cela est considéré comme un repas.
Il est de même interdit de s’endormir ou de commencer un travail qui risque de durer, de peur que nous nous oubliions. Si nous avons commencé une de ces choses interdites nous devrons nous interrompre en plein milieu afin de lire le Chéma sans dire les brahot et ensuite, après manger, nous le relirons dans Arvit avec les brahot.
Dans le cas où nous prenons un chômer (gardien) pour nous surveiller et nous rappeler à l’ordre, nous pouvons commencer à manger du pain, même dans la demi-heure car ce chômer est une personne digne de confiance qui n’oubliera pas de lui rappeler l’heure du Chéma. Nous pouvons, aujourd’hui, nous servir d’un réveil ou d’un portable qui sonnera à l’heure pour nous permettre d’aller à la téfila.

F. Que faire lorsque nous entendons le Chéma dans un office.

Si nous avons déjà prié et que nous entrions dans un Beth Aknesset et que l’office est en train de lire le Chéma, alors il faudra lire avec eux les passouq Chéma Israël et Barouh Chem … pour ne pas donner l’impression que nous ne voulons pas prendre sur nous le joug du règne d’Hachem.
De même, si nous n’avons pas encore fait Arvit, nous lirons avec eux les passouq Chéma Israël et Barouh Chem … mais nous penserons à ne pas nous acquitter de la mitsva d’Oraïta car il est préférable de s’en acquitter lorsque nous lisons les brahot en même temps.
Si nous sommes en train de faire une chose comme étudier la Torah ou dire une braha et que nous entendons un autre office lire le Chéma, nous ne devons pas interrompre nos propres brahot, mais nous mettrons la main sur nos yeux comme si nous faisions le Chéma et nous continuerons notre braha ou notre étude de la Torah là où nous en étions.

G. Les lettres du Chéma.

Il y a 245 mots dans le Chéma. Nous avons pris l’habitude de rajouter, à la fin, 3 mots (Hachem elohéhem émet) afin d’arriver au chiffre de 248 qui représente le nombre de membres du corps d’un homme, car chaque membre est lié à un mot et guérit avec la lecture du Chéma. C’est pour cette raison qu’il faut faire attention à la prononciation de chaque mot.

H. Lecture à haute voix.

Dans toutes les communautés d’Israël la coutume est de lire le Chéma à haute voix afin d’éveiller notre attention et nous obliger à se concentrer sur chaque mot. Nous avons aussi l’habitude de mettre la main droite sur nos yeux en disant ce passouq « Chéma … » et « Barouh chem … » afin de ne pas apercevoir une chose qui pourrait capter notre attention et ainsi nous permettre d’être attentionné comme il se doit.
Il faut marquer une pose entre le dernier mot du premier passouq (Ehad) et « Barouh chem …) car le principal de notre acceptation du joug Divin se fait dans la première phrase. Et nous marquons également une pause entre le dernier mot du second passouq (léolam vaed) et la suite (Véalavta) afin de bien faire la différence entre notre acceptation du joug du règne d’Hachem et notre acceptation du joug des mitsvot.

III. Explication du texte du Chéma.

A. Pas de braha pour accompagner le Chéma.

Le but d’une braha que l’on dit avant chaque accomplissement d’une mitsva est de prendre sur soi le joug du règne d’Hachem. Or cela n’est pas le cas pour l’accomplissement de la mitsva du Chéma.
Dans la guémara il est indiqué que toute braha où il n’est pas mentionné le nom d’Hachem et sa malhout n’est pas une braha. Dans le Chéma il y a les deux : on y mentionne le nom d’Hachem et aussi sa malhout. Donc le Chéma est considéré par lui même comme une braha et c’est pour cela que les hahamim n’ont pas institué une braha spéciale pour le Chéma.

B. La Tora, source du Chéma.

Le Chéma tout entier prend sa source dans la Tora sauf le passouq « Barouh chem kevod malhouto léolam vaed ». La raison pour laquelle il a été institué de dire cette phrase après le Chéma remonte à Yaacov Avinou.
Lorsque Yaacov, à la fin de sa vie, à réuni tous ses enfants pour les bénir, il a voulu leur dévoiler la fin des temps. Mais avant qu’il ne commence à s’exprimer la présence d’Hachem s’est retirée de lui. Le doute s’est emparé de lui à propos d’un de ses enfants. Peut-être un de ses enfants n’était pas au niveau. Alors tous ses enfants ont dit d’une seule voix « Chéma Israël … » et lui a alors répondu « Barouh chem kevod malhouto léolam vaed » (que soit béni son règne pour l’éternité). C’est pour cela que tout le peuple d’Israel à pris l’habitude de dire cette louange prononcée par Yaacov.
De la même façon Moïse a dit à l’ensemble du peuple : « Peut-être qu’il y a parmi vous un homme ou une femme qui à coupé son cœur aujourd’hui de Hachem ? » Le peuple à clamé d’une seule voix « Chéma Israël … » mais Moché n’as pas répondu ni prononcé le « Barouh chem kevod malhouto léolam vaed » (que soit béni son règne pour l’éternité). C’est donc par respect pour Yaacov que nous disons cette phrase et par respect pour Moché que nous la disons à voix basse.
Le Arouh a Choulhan explique qu’à l’époque de Yaacov tous étaient des tsadikim et donc pouvaient le dire à haute voix alors qu’à l’époque de Moïse ils ne le pouvaient plus à cause de la faute du veau d’or et d’autres fautes.
Kippour est le seul jour de l’année où nous prononçons cette phrase à haute voix car Kippour est le seul jour de l’année où le Yetser Ara ne travaille pas et où nous sommes tous comparés à des malahim.

C. Sens du mot CHEMA.

Le sens simple du mot Chéma c’est « écoutez » et comprenez, peuple d’Israël que Hachem est notre D.ieu. D.ieu Unique dans tout l’univers. Quand nous disons le mot « EHAD » il nous faut penser à faire régner Hachem dans les cieux et sur la terre et sur les 4 coins cardinaux.
Nous retrouvons dans les lettres du mot Chéma ce message :
אחד UNIQUE. Le א fait allusion à l’unicité d’Hachem. ח = 8 Hachem règne sur les 7 cieux et sur la terre et ד = 4 que Hachem règne sur les 4 coins cardinaux de la terre. Rabbi Israel Salenter rajoute qu’avec tout cela il ne faut pas oublier le principal : le rendre roi sur soi même.

D. Passouq importants.

1. Wehaïou haddevarim

Wehaïou haddevarim haèllé achére anokhi mesawwekha hayyom al levavékha.
« Ces paroles que je t’ordonne aujourd’hui seront sur ton cœur ».
Le Zohar précise que chaque fois que nous avons, dans la Tora, les mots wayli hayyom, cela fait référence à Roch Achana. Le Méor Einaim dit aussi que la présence du mot hayyom dans la Tora fait référence à Roch Achana.
Ainsi nous disons, dans le Chéma, de faire attention à ce que le jour de Roch Achana soit toujours dans le cœur de l’homme, jour où il va rendre compte pour toutes les actions qu’il a faites tout au long de l’année. Et s’il s’astreint à cette règle il ne fautera plus et ainsi il fera les mitsvot et les bonnes actions avec plus de perfection.

2. Wechinnane-tam levanékha

Wechinnane-tam levanékha wedibbarta bam ; bechivtekha beveitekha …
« Tu les répéteras à tes enfants ; tu en parleras quand tu resteras dans ta maison … »
Par allusion, le mot בְשִבְתְךָ bechivtekha se lit aussi בְשַבַתךָ ( BE = dans, et la fin KHA signifie TON, l’ensemble veut dire : durant ton Chabbat) pour nous faire penser que, le Chabbat Kodech, l’homme doit enseigner à ses enfants. Car toute la semaine l’homme est occupé par son travail ou par d’autres occupations et il trouve difficilement du temps libre à consacrer à ses enfants, alors que le Chabbat il est libre de toutes contraintes matérielles. Il peut prendre le temps de s’asseoir avec eux pour les repas, de chanter les zmirot (chants) en l’honneur du Chabbat avec eux, en profiter pour leur enseigner la Tora et les chemins à prendre pour le service d’Hachem. Tout cela accompagné de la lecture d’histoires de tsadikim pour que ses enfants soient imprégnés de la Irat chamaim.
Donc, Chabbat, il y a une obligation spécifique pour le père, d’enseigner la Tora à ses enfants.

3. Oul’ovdo, békhol

Oul’ovdo békhol levavkhem ouvkhol nafchekhem.
« En le servant de tout votre cœur et de toute votre âme. »
Rachi explique quel est le service qui se fait avec tout son cœur : c’est la téfila. Juste après nous mentionnons les psoukim (phrases) relatives à la parnassa (argent, fortune, réussite) qu’Hachem nous donne en son temps. De cette juxtaposition nous apprenons que, pour celui qui prie comme il convient, (avec concentration, de tout son cœur) Hachem lui donnera les pluies en leurs temps et le rassasiera.
Il se trouve que le secret de la parnassa n’est ni dans les études ni dans l’expérience, mais simplement de l’attention que nous mettons dans les téfilot. Et cela lui permet de se rapprocher de D.ieu.

IV. Kriat Chéma al amita.

Le service de la journée d’un juif commence par le Kriat Chéma et se termine par le Kriat Chéma Al Amita car de même que nous prenons sur nous, à notre réveil, le joug de la royauté d’Hachem dans ce monde, de la même façon nous le faisons avant de nous endormir.

Les hahamim, dans Brahot disent que lire le Chéma avant de dormir est une protection contre les mazikim (anges malveillants, les jnouns en arabes). L’homme laisse en dépôt, devant Hachem, son רוּחֵ (son âme, son souffle) avant de dormir et le récupère à son réveil. Dans la nuit, sa néchama est jugée pour chaque maasé (action) faite dans la journée. Le Kriat Chéma, avant de dormir, est comme un Vidouy (prière de repentir) que nous récitons avant de dormir et aussi une ségoula (remède) contre la force du Yetser ara (mauvais penchant) dans la nuit.
Comme, dans le Kriat Chéma, nous rendons Hachem Unique et le proclamons régner sur tous les mondes, alors Hachem écartera de nous tous les mazikim et nous rendra méritant et nous serons ainsi mitgaber (renforcé) sur le Yetser ara.
Une exception pourtant : la nuit du séder du 15 Nissan nous ne disons pas le Kriat Chéma al amita car cette nuit nous sommes protégés des mazihim. C’est en effet une condition fixée depuis la création du monde que le 15 Nissan nous devions sortir d’Egypte suite à la macat bettorot (plaie de la mort des premiers nés).
Pour permettre la distinction entre un juif et un non juif, Hachem a fait de cette nuit comme un jour. Or la journée nous sommes protégés des mazikim. Ainsi donc toute la Avoda que nous faisons chaque nuit en récitant le Kriat Chéma al amita est réalisée d’elle même la nuit du séder.

V. Conclusion.

Le Ari Zal a dit : Si le monde n’avait été crée que pour que nous portions le joug divin, cela aurai suffit.
Pour cela il faut se lever avec empressement le matin pour dire le Chéma en son temps, et si nous le pouvons au moment du levé du jour et ne pas attendre les dernières minutes, de peur de rater la mitsva, car cela est une mitsva qui ne peut pas se rattraper et la sanction est très grande.
La question est : Pourquoi Yaacov, lorsqu’il a revu son fils Yossef après 22 ans d’absence après sa vente par ses frères, a lu le Chéma sans même prendre le temps de l’embrasser avant ?
Il arrive que l’homme soit confronté à des situations difficiles, cela à première vue. Mais qu’à la fin il ressort que cet événement était pour le bien et c’est seulement après coup que nous nous en apercevons, et que, ce que nous prenions pour une punition était en fait une manifestation de l’attribut de miséricorde d’Hachem.
Lorsqu’Yaacov a cru pendant toutes ces années, en voyant le sang sur les vêtements de son fils, qu’une bête avait dévoré Yossef, il pensait que l’Attribut de Justice l’avait puni et était triste. Mais à la fin, quand il a vu Yossef dans sa gloire, il a compris que cela était une expiation pour lui, qui n’avait pas accomplit la mitsva de respect des parents pendant 22 ans en allant chez Lavan, et que Hachem avait donné ce poste à son fils afin de pouvoir nourrir la peuple d’Israël pendant les années de famine et de les aider à s’installer en Egypte. Il a donc compris après coup que, depuis le début, c’était l’Attribut de Miséricorde qui agissait. C’est pour cela que Yaacov a lu le Chéma car, que Hachem agisse avec son attribut de miséricorde ou avec son attribut de justice, Hachem est unique. C’est-à-dire qu’en fin de compte tout est bonté de sa part.
C’est pour cela que la première chose à faire est de lui montrer notre reconnaissance en le faisant régner, et pour cela il faut accomplir sa Tora et ses mitsva.

Encore merci à notre ami Dov Uzan et son papa Gérard pour ces enseignements.

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