'HanouccaItshak Nabet

l’histoire de ‘Hanoucca

Comme vous le savez, nous aurons bientôt la chance de nous rapprocher d’Hachem et de raviver la flamme qui sommeille en nous grâce aux lumières de ‘Hanoucca. Pendant huit jours, nous allons remercier le Tout Puissant pour les miracles qu’Il effectua en faveur de nos ancêtres. En effet, après la mort d’Alexandre le Grand, le Moyen Orient et le reste de son royaume furent disputés et partagés entre ses héritiers (vers 300 ans avant l’ère vulgaire). La terre d’Israël se situait entre l’empire d’Egypte dirigé par Talmi et l’empire de Syrie et de Babylonie gouverné par Séleucus. Pendant de nombreuses années, notre nation fut sous domination talméenne.

Ce régime laissait les juifs pratiquer leur religion tout en commençant à diffuser les idéologies grecques. Cependant, après la victoire du régime de Séleucus et la montée d’Antiochus au pouvoir, la situation se dégrada. Il installa des juifs hellénisés aux postes élevés du gouvernement et des administrations. Il encouragea les soirées de chant, intégra le culte grec, édifia de nombreux stades…Lorsqu’il vit que de nombreux juifs restaient fidèles à la Torah et aux mitsvot, il commença à nommer des mécréants pour être Cohen Gadol au Temple. Puis massacra tout opposant au régime: hommes, femmes et enfants. De nombreuses familles s’exilèrent dans des grottes afin de pouvoir continuer à pratiquer leur foi. Alors il envoya des missives à toutes les villes de la Judée en spécifiant que le peuple devait se conformer à une seule doctrine. Les sacrifices au Temple furent prohibés. Il y érigea des idoles et y sacrifia des animaux impurs. La pratique du Chabat, de la Brit mila et de la sanctification du mois fut punie de mort.

C’est dans ce contexte d’oppression que quelques cohanim, sous la direction de Mattatiyahou et ses fils, lancèrent la révolte. Ses hommes armés de leur foi et de leur bravoure mirent en déroute l’armée grecque. Après de multiples affrontements et victoires contre Apollonios et Séron, Antiochus envoya une armée gigantesque constituée d’éléphants, de 7000 cavaliers et de 40000 mercenaires de Syrie afin d’anéantir les rebelles. Les 7000 Maccabies se ruèrent sur les campements de leurs ennemis et les mirent à feu et à sang. Humilié, Antiochus rassembla toute ses troupes et fonça vers Jérusalem.

Face à la vue de cette armée gigantesque, les juifs levèrent les yeux et s’écrièrent: « Ce n’est pas pour nous que nous combattons, mais c’est pour Ton Honneur! » Les soldats décidèrent de jeûner et de se couvrir de cendres afin de demander miséricorde à Hachem. Alors le miracle eut lieu. Les flèches des Grecs se retournèrent contre eux. A la vue de ce spectacle, les Maccabies hurlèrent: « Dieu combattra pour nous! » Les quelques milliers de soldats se jetèrent sur une armée affolée. Devant la défaite de ses troupes, Antiochus essaya de prendre la fuite. Mais son char heurta un éléphant: il se brisa les os en tombant par terre et mourut sur le champ de bataille.

Après cette victoire miraculeuse, l’armée de Yéhouda Amaccabie monta vers Jérusalem pour reprendre le service du Temple. A leur arrivée, ils virent l’inimaginable: les portes étaient brûlées, l’autel profané… Il ne restait qu’une ruine abandonnée. Les cohanim débutèrent sur le champ la reconstruction de l’autel et des portes. Ils cherchèrent des ustensiles pour remplacer ceux volés. Et en ce 25 Kislev 3596, le service fut rétabli. Ils offrirent des sacrifices de remerciement à Hachem pour tous les miracles dont ils avaient bénéficié.

Seulement, lorsqu’ils voulurent effectuer l’allumage de la Ménorah, ils virent qu’il n’y avait pas d’huile d’olive pure pour y procéder. Après une fouille minutieuse, ils trouvèrent une fiole contenant de l’huile pour un jour. Or il fallait huit jours pour aller presser de l’huile nouvelle. Hachem fit alors un dernier miracle, puisque la Ménorah ne cessa de briller jusqu’au retour de la nouvelle huile. L’année suivante, les juifs décidèrent d’instaurer des jours de louanges afin de remercier le Tout Puissant pour tous ces miracles.

Après ce petit rappel historique, une question se pose. Il existe beaucoup de victoires militaires spectaculaires dans la Torah et racontées par les prophètes. Alors pourquoi nos sages ont-ils cru bon de décréter des jours de fêtes spécialement pour cette victoire?

Il est écrit dans le Midrach Rabba à propos du verset de Béréchit (1;2)  » et l’obscurité recouvrait la face de l’abîme »: « L’obscurité représente l’exil grec, car à cette époque les yeux des bné Israël étaient obscurcis par leurs décrets. Par exemple, les Héllènes les obligeaient à écrire sur les cornes de leurs vaches: vous n’avez pas de part dans le Dieu d’Israël. » Nous allons essayer de comprendre le sens de ce décret et en quoi il symbolise la mentalité des Grecs. Le Maharal de Prague zal explique que les cornes des vaches devaient rappeler la faute du veau d’or. Les Grecs se trouvaient à l’apogée de leur civilisation, tant sur le plan militaire qu’intellectuel. Ils ne supportaient pas qu’un peuple ne désirât pas adopter leur vision du monde. Et ils toléraient encore moins que ce peuple se pense supérieur à eux. La notion de peuple élu faisait de l’ombre à leur prétendue idéologie. Pour rétablir l’ordre des choses, les Grecs interdirent toutes les mitsvot qui dévoilaient l’intronisation du peuple juif. Ainsi, la Brit Mila, qui différencie le corps du juif et qui fait rentrer l’enfant dans l’alliance d’Avraham Avinou, fut prohibée. L’étude de la Torah et le Chabat qui sont réservés aux juifs et qui symbolisent le lien privilégié qui nous unit avec Hachem furent condamnés à mort. Ces mécréants souillèrent le Temple et tuèrent les sages. Le but de tous ces crimes: prouver aux juifs qu’ils n’étaient pas le peuple élu. Et même si Hachem les avait sortis d’Egypte, depuis la faute du veau d’or, ils étaient devenus comme tout le monde!

A travers les miracles qu’Hachem répéta lors de cette victoire historique, Il montra que même dans l’exil, même dans l’obscurité et la détresse, Il réside toujours avec le peuple élu. Malgré son apparente absence, Il nous aime toujours comme un père chérit son fils unique. Voilà le message que nos sages ont voulu transmettre aux générations. Ainsi, lorsque nous allumons les bougies, nous devons réfléchir à tous les miracles dont le Tout Puissant nous fait bénéficier chaque jour. Nous pouvons alors réaliser la chance d’être en vie, en bonne santé, de pouvoir manger normalement…En prenant conscience des millions de cadeaux dont Hachem nous gratifie, nous comprenons combien Il nous aime et à quel point nous sommes proches de Lui. La fête de ‘Hanoucca nous offre tous les ans la possibilité de renforcer notre lien avec le Créateur. Alors ne passons pas à côté de ces quelques jours merveilleux.

Nous vous souhaitons de très bonnes fêtes de ‘Hanoucca

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