'HanouccaFêtes juivesItshak Nabet

Les petites fioles de ‘Hanouka

par Itshak Nabet

Après plus de vingt ans de service chez Lavan, Yaacov avinou retourne en Eretz Israel avec sa famille et son nombreux bétail. Seule ombre au tableau, Essav son frère vient à sa rencontre avec une lourde armée pour le tuer. Yaacov avinou tente de faire la paix, prie et enfin se prépare à une lutte qui semble inévitable. Cependant, peu après la tombée de la nuit, seul, il revient sur ses pas et traverse une nouvelle fois la rivière. Là-bas, il lutte contre l’ange d’Essav jusqu’au petit matin. La guémara dans la Masséret Houline (91,a) explique que Yaacov avinou était parti chercher de petites fioles qu’il avait oubliées lors du voyage. Même s’il est possible d’expliquer cet épisode selon son sens simple, de nombreux commentateurs comprennent que ce passage de la Torah représente un combat spirituel entre notre ancêtre et l’ange d’Essav. L’enjeu de cet affrontement était d’obtenir les petites fioles de Hannouca! Nous allons essayer de déchiffrer le message que nos sages ont voulu nous transmettre.

L’année juive est rythmée par les fêtes qu’Hachem nous a données. Plus que de simples rendez-vous familiaux, chacune nous permet de puiser les forces qui nous accompagnent toute l’année. Comme vous le savez, chaque Yom Tov possède ses caractéristiques, ses mitsvots, son énergie. Par exemple, nous faisons le plein de foi à Pessah, de Torah à Chavouot…Il faut savoir que sans ces fêtes, il serait impossible de vivre notre religion à long terme. C’est une des raisons pour laquelle on appelle ces fêtes « Régalim »(les pieds) car sur elles repose toute l’année. Cependant, même si Hachem déverse sur chaque juif des forces illimitées, chacun reçoit, pendant ses jours sacrés, en fonction de son travail et de sa préparation. Ces derniers obéissent à deux conditions: il faut, dans un premier temps, effectuer notre service divin au maximum de nos capacités. C’est-à-dire faire attention à tout ce que cela implique: s’éloigner
des fautes, accomplir les mitsvot, faire attention à son prochain, à ses paroles, ses pensées et ses actes…Dans un second temps, il faut s’efforcer d’effectuer au mieux ce qu’Hachem attend de nous à chaque fête, à travers les mitvots et le travail requis par chacune d’elles.

Comme nous l’avons dit, tout le service divin de l’année s’appuie sur ce que nous avons puisé lors des Yom Tov. Mais il faut savoir que ceci s’applique encore plus à la fête de Hannouca. En effet, celle-ci est la dernière que notre peuple a reçue avant la venue du Machiah Tsikénou. Lors de la sortie d’Egypte, nos ancêtres faisaient le plein de spiritualité pour traverser l’année grâce aux fêtes données lors du don de la Torah: Roch-Hachana, Kippour, Souccot, Pessah et Chavouot. A partir du premier exil, ils eurent besoin de plus de lumière… Alors Hachem lors donna la fête de Pourim. Vers la fin du second Temple, une obscurité opaque s’abattit sur notre peuple, quand les Grecs décidèrent de déraciner la religion et la spiritualité. Et à ces fins, tous les moyens leur furent bons: le meurtre, l’immoralité, l’argent…

Pour lutter contre ces agressions qui affaiblissent notre judaïsme depuis deux mille ans, Hachem nous a réservé une lumière spéciale! Une force spirituelle qui se révèle tous les ans à Hannouca et qui nous donne les forces pour tenir dans cet exil. Or lorsque Yaacov avinou vit par prophétie que cette lutte contre Essav allait s’étendre sur plusieurs millénaires, il pria Hachem pour qu’il nous rajoute quelques fioles de sainteté, quelques lumières cachées pour la survie des bné Israël. Et ce message se retrouve dans la mitsva de l’allumage des bougies, que nous faisons la nuit, symbole de l’exil, pendant le mois de Kislev et Tevet, pendant lesquels les nuits sont les plus longues. De plus, il est bien d’allumer devant les maisons, dans la rue afin de se rappeler qu’Hachem est avec nous même hors de chez nous, loin d’Eretz Israel…

Ainsi cette fête vient-elle nous donner les forces spirituelles pour traverser cette longue nuit qu’est notre exil qui semble ne plus finir. C’est pourquoi nous ne devons pas rater cette chance et profiter de ces 192 heures pour faire le plein pour l’année. Pour cela, nous allons détailler quelques domaines dans lesquels il est important de se renforcer pendant cette période. Le Schla Akadoch (zrouto yagen alénou) explique qu’il faut étudier pendant ces jours sacrés plus que toute l’année. Car l’étude de la Torah permet l’ouverture des cœurs et de se rapprocher d’Hachem. Et puisque l’essentiel du service divin de Hannouca doit provenir du cœur, il est nécessaire d’étudier autant qu’on peut. Ensuite, il est important d’enflammer toutes nos prières pendant cette période. Et plus encore, chaque partie d’entre elles doit être récitée avec ardeur. Nous devons dire un Hodou de Hannouca, un Baroukh Chéamar de Hannouca, une
Qriat Chéma de Hannouca, une Amida de Hannouca…en nous efforçant de nous attacher à Hachem de toutes nos forces, en particulier lors du Hallel que nous lirons chaque jour. Mais il faut savoir qu’en dehors des prières journalières, ces 192 heures sont un ET RATSON (temps propice pendant lequel les prières sont davantage acceptées) incomparable, et en particulier lorsque les lumières sont allumées. Nous devons essayer de consacrer du temps pendant la journée pour prier pour tous nos besoins spirituels, matériels, pour nous et tout notre peuple, pour toutes les délivrances collectives et individuelles que l’on désire. Il est même conseillé d’écrire dès à présent des listes de demandes pour ne rien oublier pendant la fête.

Il est important, pour pouvoir ressentir le miracle et le diffuser, de bien connaître l’histoire de Hannouca. Enfin cette fête a été définie par nos sages comme » des jours de louanges et de remerciements » afin de nous enseigner que nous avons un devoir de remerciement envers notre créateur à ce moment particulier. Là encore, le travail se compose de deux parties: il faut remercier sur tout ce qui touche à la fête: sur les miracles de Hannouca, sur les forces et la lumière qu’Hachem nous a transmises pendant ces huit jours. Mais surtout nous devons remercier notre créateur pour tous les bienfaits qu’Il nous offre toute l’année dans les domaines spirituel et matériel. Voilà un petit aperçu de ce qu’Hachem attend de nous pendant cette enthousiasmante semaine. A nous de nous préparer au mieux pour pouvoir remplir nos vies et nos maisons de lumière.

Dvar thora inspiré du livre Divrés Ithazkout sur Hannouka

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