Itshak NabetTérouma

Être authentique

Dans la paracha de la semaine,Térouma, Hachem ordonne à Moché Rabénou la construction des ustensiles du Temple portatif, le Michkan. La Torah détaille ainsi la mesure et la composition du Aron: une sorte de grande boîte dans laquelle étaient entreposées les tables de la Loi, de la Table des Lékhem Apanim, de la Ménora et des éléments qui servaient à la construction du Michkan… A propos du premier élément, le Aron, il est écrit:  » Ils feront un coffre en bois de Chitim de 1.25 mètre de longueur, de 75 cm de largeur et de 75 cm de hauteur. Tu recouvriras ces planches d’or pur de l’intérieur et de l’extérieur… » Comme nous le répétons souvent, la Torah n’est pas un livre d’histoire. Son enseignement nous guide à chaque génération. Alors,que pouvons nous apprendre du Aron Akodech?

Dans le traité de Avoda Zara ( 18, a) la guémara nous raconte la discussion suivante: lorsque Rabi Yossi ben Kisma tomba malade, Rabi Hanina ben Téradionne lui rendit visite. « Hanina, mon frère, ne sais-tu pas que ce peuple (les Romains), qui a détruit le Temple et a tué des Tsadikim, continue de régner sur nous? Comment peux-tu étudier la Torah, un sefer Torah dans la main et réunir des élèves?

_- Hachem aura pitié.

_- Je te dis des paroles censées, et tu me réponds Hachem aura pitié! Je ne serais pas étonné si les Romains te brûlaient avec ton sefer Torah.

_ -Maitre, aurai-je le monde futur?

_ -As-tu fait une Mitsva?

_ -Un jour, j’avais dans la poche une bourse réservée à la Tsédaka et une bourse avec de l’argent pour le repas de Pourim. Sans faire attention, j’ai donné aux pauvres l’argent pour mon repas de Pourim. Au lieu de reprendre dans la bourse pour les pauvres la somme qui était destinée au repas, je donnai toute la bourse aux pauvres.

_ -Si c’est ainsi, que ma part soit comme ta part, que mon sort soit comme ton sort.  »

De nombreux commentateurs s’étonnent devant cet enseignement du Talmud. Comment Rabi Yossi peut-il demander à son élève s’il a fait une Mitsva? Pour devenir un des sages de la génération, il est évident que Rabi Hanina a dû s’enfermer toute sa vie dans les maisons d’étude pour étudier nuit et jour! Et, plus encore, existe-t-il une plus grande Mitsva que celle d’enseigner la Torah en public au risque de sa vie? Encore plus étonnant, en quoi le fait d’avoir donné cet argent du repas dePourim aux pauvres représente-t-il une Mitsva plus importante que l’étude de la Torah?

Pour répondre à toutes ces questions, expliquons la dernière Michna du traité de Makot que nous lisons tous les samedis matin: Rabi Hanina ben Akachia disait: « Hakadoch Baroukh Hou voulut donner des mérites aux bné Israël, c’est pourquoi il multiplia les Mitsvot… » A priori, il est plus simple de garder 20 Mitsvot que de respecter 613 Mitsvot. Alors, en quoi Hachem nous facilita-t-il la tâche en multipliant les commandements?

Le Rambam zal explique dans son commentaire sur cette Michna: « un des fondements de notre foi, est qu’un homme qui accomplit une des 613 Mitsvot comme il faut, sans aucun intérêt autre que de faire Sa Volonté, mérite le monde futur. C’est pourquoi Rabi Hanina ben Akachia disait qu’avec ce grand nombre de Mitsvot, il était impossible qu’un juif ne fît pas une Mitsva Lichma, pour Hachem, au moins une fois dans sa vie!

Désormais, nous pouvons comprendre le sens de la discussion entre Rabi Yossi et Rabi Hanina ben Téradionne. « Je sais que tu as rassemblé des centaines d’étudiants au péril de ta vie, que pendant des années tu étudias… Mais finalement, dans toutes ces Mitsvot que tu fis devant tout le monde, il y avait toujours une part d’intérêt personnel, une recherche d’honneurs, un gain quelconque, aussi petit soit-il. Est- ce que tu as une Mitsva où tu étais tout seul, rien que toi et Hachem? » Alors il lui raconta cette Mitsva qu’il fit sans que personne ne le sache, rien que pour Hachem.

Nos sages nous disent que nous pouvons apprendre cet enseignement de notre paracha et du Aron en particulier. La Torah nous dit que ce coffre devait être recouvert d’or de l’extérieur et de l’intérieur. A priori, puisque personne ne voit l’intérieur, pourquoi recouvrir l’intérieur d’or? Dans le traité de Yoma (72, b) Rava enseigne que nous apprenons de là que tout Talmid Hakham, tout sage qui n’est pas intérieurement le reflet de ce qu’il est extérieurement n’est pas un sage. A l’image du Araon Akodech, notre intérieur doit être en adéquation avec notre extérieur. Pour savoir si nous ne sommes pas des imposteurs, nous devons observer notre comportement lorsque nous nous trouvons loin du regard des autres. Comment faisons-nous les bénédictions à la maison? Comment nous comportons-nous à la maison ou en vacances? Voilà le test qui peut nous dévoiler qui nous sommes vraiment. Dans un monde qui valorise l’extériorité et le faux, nous devons plus que jamais lutter pour être authentique. Il faut accomplir les Mitsvot avec le plus de discrétion possible et surtout pour Hachem.

Inspiré d’une dracha du rav Baroukh Rozenblum chlita

Nous vous souhaitons Chabat Chalom,et vous disons à très bientôt.

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