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La Brit Mila

par Itshak Nabet

Dans la paracha de la semaine, Tazrya, la paracha enseigne les lois de l’impureté causée par l’accouchement puis les lois du lépreux. Notre section hebdomadaire s’ouvre sur les versets suivants : « Dis aux enfants d’Israël de dire à leurs femmes : une femme, lorsqu’elle enfante un garçon, devient impure pendant sept jours. Le huitième jour, on coupera le prépuce du corps de l’enfant. Pendant trente trois jours, le sang de la femme ne sera pas impur, mais elle ne pourra pas aller au Temple ni manger des aliments consacrés… »

Le rav Yossef Ben Porat chlita pose la question suivante : pourquoi la Torah mentionne-t-elle la Mitsva de la Brit Mila ici ? Notre paracha enseigne les différentes lois d’impureté, alors pourquoi répéter ici cette Mitsva ?

Pour répondre à cette question, nous allons essayer de comprendre une Michna dans les Maximes des pères, chapitre 5, première Michna : « Hachem créa le monde avec dix paroles ( dans la paracha Béréchit, il est écrit plusieurs fois « Hachem dit que la lumière soit et la lumière fut…») pourquoi ne le créa-t-Il pas avec une seule parole? Pour punir les impies qui détruisent le monde et pour récompenser les tsadikim qui le maintiennent, Hachem créa le monde en dix paroles. »

Le Maharal de Prague zal s’étonne face à cette Michna. Hachem symbolise la Miséricorde par excellence: est-il donc possible qu’Il ne fabrique ce monde avec dix paroles que pour punir les impies ? Alors il explique que la question de laMichna n’est pas : » pourquoi Hachem ne créa-t-Il pas le monde en une parole? » mais plutôt : « puisque la Torah n’a pour but que de nous apprendre à vivre et à faire Sa volonté, que devons- nous apprendre des dix paroles qu’Hachem prononça pour créer le monde ? »

Alors le Maharal explique que la parole représente ce qui lie deux individus. Ainsi, chaque parole d’Hachem fabrique un lien entre Lui et la matière, qui ancre une sainteté dans ce monde. S’Il avait tout fait en une seule parole, la sainteté de notre monde aurait été beaucoup plus faible. La Torah nous enseigne donc, dans la paracha Béréchit, que Dieu élabora la Création avec dix paroles pour nous apprendre que même si ce monde semble être matériel, il contient en réalité une très grande sainteté. Chaque minéral, végétal, animal…possède des particules divines. Et c’est pour cela que nous avons une très grande responsabilité. Celui qui utilise ce monde pour accomplir la Volonté divine dévoile le potentiel spirituel qui se cache dans cette nature, élève le matériel en spirituel et parachève la création du monde. En revanche, celui qui se sert de la Création pour fauter abîme la sainteté qui se trouve dans cette nature et mérite donc une plus grande sanction.

Nous retrouvons cette idée dans la paracha Béréchit. Après avoir créé chaque élément, Hachem témoigna que cette création fut « bonne ». Mais après avoir fabriqué l’homme, Il dit que cette création fut « très bonne ». Car seul l’humain peut élever la matière et compléter la création. Ainsi, le but de l’homme sur Terre est de se parfaire et de parfaire la création. Lorsqu’une personne mange pour accomplir le service divin, elle élève la nourriture et lui permet d’accomplir le but de la Création, idem lorsqu’elle utilise les végétaux pour se faire des vêtements, ou des minéraux pour se fabriquer des maisons…En cela, seul l’homme peut élever ou détruire la création.

La Mitsva qui représente cette mission de l’homme de se parfaire est la Mitsva de Brit Mila. En effet, même si Hachem aurait pu fabriquer l’homme déjà circoncis, sans prépuce, Hachem désira nous prendre, comme associés de la création, pour nous récompenser. Il créa ainsi l’être humain avec cette imperfection pour nous apprendre que notre but est de nous parfaire. Ainsi, notre paracha répète la Mitsva de Brit Mila, tout de suite après l’accouchement, pour nous enseigner qu’un homme ne vient sur Terre que pour s’améliorer. En outre, de même que nous venons sur Terre avec ce défaut physique, nous possédons tous un grand nombre de défauts psychiques. Certains sont égoïstes, orgueilleux, fainéants, indifférents, coléreux, jaloux… Grâce à l’accomplissement des Mitsvot et l’étude de la Torah, un homme peut couper ses prépuces spirituels et arriver à s’améliorer. Cependant, si cela ne prend qu’une seconde de faire une Brit Mila, c’est le travail de toute une vie que de devenir meilleur.

Alors, qu’Hachem nous donne la force de nous améliorer et qu’Il nous montre la voie pour nous rapprocher de Lui, amen ken Yéhi ratson.

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