BéréchitChémotItshak NabetParacha

Le livre des Noms

par Itshak Nabet

Cette semaine, nous débuterons avec l’aide d’Hachem le second livre de la Torah, Chémot, « les noms ». Cette appellation qui provient du premier verset de ce livre demande explication. En effet, nous comprenons bien le titre français de ce livre, l’Exode. Pendant quelques semaines, la Torah nous racontera la sortie d’Egypte, le don de la Torah et la construction du Temple portatif, qui représentent le but de cette libération. Ainsi, le terme d’Exode reflète-t-il bien l’ensemble de ce livre. Essayons à présent de comprendre le sens du titre original de ce livre, celui « des Noms ».

Notre paracha s’ouvre sur les versets suivants : « Et voici les noms des enfants d’Israël qui arrivent en Egypte, Yaacovet sa famille. Réouven, Chimon…Tous les descendants de Yaacov furent au nombre de soixante-dix âmes, Yossef était alors en Egypte. PuisYossef, ses frères et toute cette génération disparurent. Les enfants d’Israël se multiplièrent, devinrent très nombreux et remplirent la terre. Un roi nouveau se leva sur l’Egypte, qui ne connaissait pas Yossef… »

Le rav Eliahou Abergel chlita soulève quelques questions sur ce texte : premièrement, pourquoi la Torah dit que «…les noms des enfants d’Israël qui arrivent en Egypte » puisqu’ils habitaient à Gochen depuis de nombreuses années? La Torah aurait dû écrire « qui arrivèrent en Egypte » au passé. De plus, pourquoi la Torah répète-t-elle les noms des enfants de Yaacov,alors que nous les connaissons déjà très bien? Enfin, il est écrit qu’un roi nouveau se leva et commença à décréter des lois très dures sur le peuple juif. Rachi zal explique que certains précisent que c’était un roi nouveau alors que d’autres affirment que c’était le même.Seulement il avait décidé d’oublier le bien que Yossef fit enEgypte afin de persécuter les bné Israël. A priori, d’après les deux explications, pourquoi les juifs n’ont-ils pas envoyé une délégation auprès de Pharaon, afin de lui rappeler comment les Egyptiens devaient être reconnaissants envers le peuple de Yossef ? Essayons de répondre à chacune de ces questions dans l’ordre.

Comme nous le savons, l’Egypte était le premier exil de notre Histoire. La Torah nous dévoile ici le comportement qu’il faut adopter pour vivre libre sur le plan spirituel et matériel lorsque nous vivons sur une terre étrangère. « Voici les noms des enfants d’Israël qui arrivent en Egypte ». Les enfants de Yaacov avinou vécurent en Egypte en donnant l’impression qu’ils venaient d’arriver et qu’ils allaient repartir tout de suite. Ils ne défirent jamais leurs valises. Ils s’installèrent à Gochen, loin des villes égyptiennes. Ils ne cherchèrent jamais à s’intégrer à la société égyptienne. Voilà pourquoi la Torah nous dit qu’ils étaient comme des nouveaux immigrés malgré les nombreuses années passées sur le territoire. La preuve que les enfants d’Israël restèrent fidèles à leurs héritage fut qu’ils ne changèrent pas leurs noms. Malgré les difficultés qu’ils purent rencontrer en gardant leur identité, ils restèrent Réouven, Chimon, Lévi… Aucun d’entre eux ne décida de s’appeler Robert, Jacks ou Mike. Nous retrouvons cette volonté de conserver son nom chez Yossef. Lorsque Pharaon le nomma second du roi, il lui changea son nom en Tsafnat Panéakh, afin de le rendre plus égyptien. Et pourtant,lorsque la famine éclata, le peuple demanda à Pharaon du pain et il leur répondit : « Allez chez Yossef, et pliez vous à ce qu’il vous dira ». Nous voyons que Pharaon n’appelle déjà plus Yossef Tsafnat Panéakh. Nos sages expliquent que Yossef refusa de prendre cette identité et ne répondait pas lorsqu’on l’ appelait par ce nom. Il ne reconnaissait que le nom de Yossef. Ainsi,progressivement,tout le monde oublia le nom de Tsafnat Panéakh. Plus généralement,tant que les bné Israël gardèrent leur nom,et leurs distances avec l’Egypte, tout se passait bien.

Seulement, lorsque Yossef et toute sa génération quittèrent ce monde, une nouvelle génération se leva. Des enfants d’immigrés qui ne voulaient pas connaître Yossef et son mode de vie. Ils se multiplièrent et remplirent le monde. Nos sages expliquent qu’ils commencèrent à quitter Gochen et à s’installer dans les villes. Ils fréquentèrent en masse les théâtres et les cirques, nous dit le Midrach Agada. Alors les Egyptiens s’aperçurent qu’ils étaient nombreux et qu’ils commençaient à occuper des postes importants. Tout de suite, la haine commença à s’installer.Hachem leur dit : « Vous voulez oublier ce que faisait Yossef, mesure pour mesure, voici un roi qui ne connaît pas Yossef. » Puisque les bné Israël avaient décidé d’oublier Yossef, il leur était impossible de venir dire à Pharaon qu’il avait, lui aussi, chassé Yossef de sa mémoire. Et ainsi commencèrent les souffrances de l’exil.

Nos sages enseignent que par le mérite de trois actions ( certains Midrachim enseignent quatre) les enfants d’Israël furent libérés : parce qu’il ne changèrent pas leur nom, parce qu’il ne changèrent pas leur langue et parce qu’ils ne fautèrent pas avec les Egyptiennes. Mais comme vous le savez, seul un cinquième du peuple fut sauvé.Quatre cinquième disparurent en Egypte. Tous ceux qui prirent des noms égyptiens et s’entêtèrent à vouloir devenir de bons immigrés ne sortirent pas de cet exil. Désormais, nous pouvons comprendre pourquoi ce livre s’appelle les Noms. Les sages ont voulu mettre en avant quel était le mérite qui provoqua cette libération si impressionnante. Alors prenons exemple,mes chers amis,sur l’attitude nos ancêtres. Éloignons-nous un peu de toute cette culture non juive qui nous coupe de nos racines afin de mériter cette libération finale que nous désirons tant.

Tags

Articles Liés

Bouton retour en haut de la page