ChémotItshak NabetParachaYitro

L’enseignement de Yitro

Dans la paracha de la semaine, Yitro, la Torah nous raconte deux événements importants: la conversion de Yitro,le beau père de Moché Rabénou, et le don de la Torah, en particulier des dix commandements, ainsi que les préparatifs à cet événement historique. Le premier verset de notre section hebdomadaire s’ouvre sur ces mots: « Et Yitro, prêtre de Midiane, beau- père de Moché entendit tout ce que l’Eternel fit à Moché et aux bné Israël, et en particulier comment Hachem les avait fait sortir d’Egypte. » Rachi zal évoque le Midrach qui rapporte qu’ Yitro entendit l’histoire de l’ouverture de la mer rouge ainsi que celle de la guerre contre Amalek. Après avoir écouté ces miracles, il décida de se convertir et de rejoindre son gendre dans le désert. De nombreuses questions ont été soulevées par nos maîtres à propos de cette venue de Yitro. Premièrement, pourquoi la Torah précise-t-elle qu’il était prêtre de Midiane? Il paraît surprenant que notre paracha rappelle les fautes de ce Tsadik qui abandonna tout pour se lier à notre Dieu et notre peuple… De plus, il est écrit dans les Midrachim que lorsque la mer de Joncs s’ouvrit, toutes les eaux du monde, tous les lacs, les puits, les verres d’eau…se divisèrent. Or puisque chaque être humain entendit les miracles de la sortie d’Egypte, pourquoi Yitro fut-il le seul à se convertir? Ensuite,si on comprend qu’il fut impressionné par les miracles de la mer de Joncs, que rajouta la guerre contre Amalek à sa décision? Enfin, pourquoi avoir choisi d’appeler cette paracha si importante, celle du don de la Torah, du nom de Yitro?

Il est écrit dans la Mékhilta, au début de notre paracha, qu’il n’existait pas une idole que Yitro n’avait pas servie. Nos sages,à travers cette information, ont voulu nous montrer que sa conversion ne fut pas le fruit du hasard. Elle fut la conclusion d’une recherche qu’il effectua toute sa vie: celle de la vérité. En effet, ce désir de connaître le but de notre vie sur Terre le conduisit à pratiquer l’idolâtrie. Lorsqu’il comprit que ce service était inutile, il essaya le culte d’autres « divinités ». Cette quête le poussa à apprendre le sens de toutes les religions. Mais rien ne l’avait satisfait. Le mensonge semblait se cacher derrière toutes ces belles théologies. Ce n’est que lorsqu’il entendit l’ouverture de la mer de Joncs et les miracles de la sortie d’Egypte qu’il comprit qu’il existait un Dieu unique, celui des bné Israël. Désormais, nous pouvons comprendre pourquoi il est précisé dans notre verset que Yitro fut prêtre de Midiane. La Torah voulait nous apprendre que c’est cette recherche de vérité qui fut à l’origine de sa conversion. A l’inverse, tous les autres qui entendirent les miracles et se mirent à trembler ne purent pas se convertir. Ils comprirent que quelque chose d’anormal se passait mais restèrent à servir leurs idoles. Car si une personne ne désire pas avancer, toutes les connaissances du monde ne peuvent pas la faire bouger d’un centimètre.

Pire encore, lorsque Yitro entendit que le peuple d’Amalek était parti en guerre contre les juifs malgré tous les miracles, il comprit à quel point une personne pouvait se cacher la vérité. Or si aujourd’hui sa reconnaissance d’Hachem était inébranlable, qu’en serait-il dans un an, dans dix ans?N’y a-t-il pas des milliers de personnes qui nient l’existence de la Shoah, malgré la présence des camps et des survivants, malgré les aveux et les témoignages? Et c’est à ce moment précis qu’il décida de partir rejoindre les bné Israël dans le désert et de se convertir. Les sages, en nous dévoilant ce qu’avait entendu Yitro, veulent nous enseigner à quel point la vérité est une valeur difficile à acquérir et à conserver. Cependant, il existe un moyen pour l’ancrer en nous, c’est de chercher immédiatement une manière d’appliquer ce qu’on a appris. C’est pourquoi Yitro ne se contenta pas de savoir que Dieu existe: il quitta son poste et son pays pour aller se convertir et apprendre la Torah dans le désert.

A présent, nous pouvons également comprendre pourquoi cette paracha du don de la Torah fut nommée Yitro. Car à travers l’histoire de ce Tsadik, nous pouvons apprendre que le seul moyen d’acquérir la Torah, c’est, dans un premier temps, de rechercher la vérité. En effet, le désir de connaître le but de l’existence, de comprendre ce qu’Hachem attend de nous et de se rapprocher de la vérité est un élément indispensable pour pouvoir avancer dans le service divin. Un homme doit être prêt à se remettre en cause s’il comprend qu’il n’est pas dans le vrai. Il ne doit pas avoir peur de changer de route ou de comportement s’il s’aperçoit qu’il s’est perdu. Mais plus que cela, de Yitro nous devons apprendre qu’il faut toujours essayer de mettre en application nos nouvelles connaissances. Lorsqu’on écoute un cours de morale ou de loi, nous devons trouver des moyens pour vivre, chacun en fonction de son niveau, avec cette nouvelle Torah qu’on reçoit à chaque cours. Et c’est en accomplissant ce travail sur nous-mêmes que nous pouvons espérer intégrer les enseignements que nous apprenons et nous rapprocher réellement de la Source de Vie. Nous vous souhaitons beaucoup de réussite dans cette difficile quête… Qu’Hachem guide toujours nos pas sur les sentiers de la Vérité, amen ken yéhi ratson.

 

Tags

Articles Liés

Bouton retour en haut de la page