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L’héritage d’Avraham avinou

par Itshak Nabet

Au début de notre paracha, Avraham avinou est âgé de 99 ans et affaibli par la Brit Mila qu’il vient d’accomplir. Il guette devant sa tente, malgré le soleil brûlant, la venue d’un voyageur. Soudain, trois Arabes passent. Il se lève, court vers eux et les supplie de bien vouloir venir chez lui. Il prépare avec sa femme plus de quarante kilos de pains, de gâteaux, debourikas… et cuisine une langue de vache pour chaque invité. La Torah nous dévoile jusqu’où allait le désir d’Avraham avinou de faire du bien.

Dans le traité des Avot de Rabi Nathan, chapitre sept, il est écrit que lorsque Ïov eut de grandes souffrances, il demanda àHachem:  » Maître du Monde, n’ai-je pas nourri les pauvres, abreuvé les assoiffés, habillé les dénudés? » Hachem lui répondit:  » Ïov, tu n’as pas atteint la moitié d’Avraham. Alors que tu attends les invités dans ta maison et que tu offres du pain de blé à ceux qui ont l’habitude de manger du pain de blé, du vin à ceux qui en ont coutume, Avraham, quant à lui, sort de chez lui pour chercher des passants. Il offre à ceux qui mangent du pain d’orge du pain de blé.Mais plus encore, il a construit une maison à la croisée des chemins afin d’accueillir les passants. »

Essayons de comprendre la réponse que donna Hachem. A priori, même si Avraham avinou dépassait Ïov dans la Mitsva de bienfaisance, la question de Ïov demeure: pourquoi toute la charité qu’il fit ne le protégea-t-il pas des punitions? N’est-il pas écrit dans la Michna de Péa que celui qui fait du bien aux autres reçoit les fruits de ses Mitsvot sur Terre?

Le Maharal de Prague zal explique qu’il existe une différence entre faire le bien à autrui et avoir pitié de lui. Lorsque je vois un pauvre ou un bébé pleurer, j’éprouve de la pitié. Ce sentiment me donne envie de combler son manque pour qu’il arrête de pleurer. Ainsi, une personne qui donne par pitié ne donne que lorsqu’elle rencontre un homme en difficulté. Elle ne donne que ce qui est nécessaire pour combler le manque chez l’autre. Le Maharal ajoute qu’elle ne donne pas pour faire du bien à l’autre mais pour ne plus être dérangée par ce sentiment de pitié.De la même façon, Ïov demeurait dans sa maison. Lorsque les pauvres venaient à sa porte, il leur demandait: »quelle sorte de pain manges-tu? Bois-tu du vin? » Il ne désirait que combler le manque qu’il existait chez l’autre.

Avraham avinou se comportait différemment. Il n’attendait pas de voir un bébé pleurer pour donner. Il sortait et cherchait les gens afin de leur faire du bien. Son désir était d’engendrer un profit à l’autre. Même si un pauvre ne mangeait que du pain d’orge, il lui donnait du pain de blé de meilleure qualité afin de lui faire plaisir. Il était même prêt à vivre au milieu du désert, avec tous les inconvénients que cela implique, afin de faire un maximum de bienfaits.

Désormais nous pouvons mieux comprendre le Midrach qui dit qu’il demandait aux démunis de remercier Hachem après avoir mangé. Avraham n’était pas un missionnaire. Ce n’était pas une méthode commerciale afin de convertir les gens. De même qu’il cherchait par tous les moyens à satisfaire le corps de ses invités, il voulait également leur donner des bienfaits spirituels. En effet,un homme qui croit en Dieu vit une vie beaucoup plus paisible dans ce monde. Il ne jalouse pas, car il sait qu’il y un Juge et qu’il reçoit ce dont il a besoin… Ainsi, amener autrui à la foi représentait pour lui un acte de bienfait en plus.

Il est écrit que le monde repose sur trois piliers: la Torah, le service au Beth Amikdach et le bienfait. Depuis que le Temple est détruit, nous devons renforcer les deux fondements restant. C’est pourquoi,enseigne leHafetz Haïm, nous devons effectuer chaque jour des actes de bienfaisance avec notre parole, notre corps ou nos biens. L’essentiel est de faire sentir à l’autre que l’on pense à lui, qu’il existe et qu’il est important pour nous. Prenons donc exemple sur Avraham avinou et multiplions les actes de bienfaisance afin de mériter du monde futur et de profiter de leurs fruits dans ce monde-ci.

A partir d’une dracha du rav Yonathan Domb chlita

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