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L’importance du cœur

par Itshak Nabet

Dans la paracha de la semaine, Pinhas, la Torah témoigne que Pinhas, le fils d’Eléazar,le grand prêtre et petit fils d’Aaron, sauva les bné Israël d’une destruction totale. En effet, lorsque Bilam vit qu’il ne pourrait pas les maudire, il avoua à Balak qu’ils étaient intouchables tant qu’ils respectaient la Torah et les Mitsvot. Le seul moyen d’ avoir une chance de les atteindre était de les faire fauter. Ainsi Balak installa de nombreuses tentes aux alentours du campement des bné Israël. Les hommes trouvèrent des vieilles femmes qui vendaient des vêtements. Lorsqu’ils rentrèrent dans « les magasins », des jeunes filles dévêtues commencèrent à les séduire et leur proposèrent du vin. Cette boisson aphrodisiaque fit perdre la raison aux hommes. Elles promirent de se livrer à eux s’ils se prosternaient devant leurs statues. La plupart de ceux qui péchèrent étaient originaires du Eirev rav, peuple qui sortit avec les juifs d’Egypte et fit semblant de se convertir. Cependant, de nombreux juifs de la tribu de Chimon fautèrent également. Dieu ordonna à Moché rabénou de juger et de tuer les coupables. La tribu de Chimon ne resta pas muette face à cette décision qui concernait beaucoup de sa famille. Alors le chef de cette tribu, Zimri ben Salou, prit la fille de Balak traversa le camp à ses bras.

Il alla voir Moché Rabénou et demanda: « cette femme m’est-elle permise? »  » Elle t’est interdite, » répondit-il. » Puis il répliqua: « Tu dois admettre que ta femme aussi t’est interdite car elle est fille d’un prêtre de Midian ». Moché garda le silence. Bien qu’il se fût marié avant le don de la Torah et que son épouse se fût convertie, face à l’audace de Zimri, Moché resta muet de stupéfaction. Zimri amena la femme sous sa tente. Brûlant d’indignation, Pinhas, le petit fils d’Aaron, voyant que personne ne réagissait, n’hésita pas à mettre sa vie en danger pour défendre l’honneur divin. Soudain, une plaie éclata parmi le peuple. La colère Divine s’était enflammée contre le Klal Israël en raison du péché public de Zimri. Désormais, Pinhas savait qu’il devait passer à l’action afin de sauver le peuple du châtiment céleste. Il s’empara de la lance de Moché, cacha la pointe sous ses vêtements, fît semblant d’être un partisan de Zimri et rentra dans la tente de ce dernier. Puis il planta sa lance à travers leurs deux corps. Dieu effectua de nombreux miracles afin de protéger Pinhas et de punir Zimri. A la suite de cet événement, la plaie cessa, comme il est écrit au début de notre Paracha  » Pinhas fils d’Elazar, fils d’Aaron le Cohen, a apaisé ma colère contre les bné Israël grâce à la jalousie qu’il eut pour Moi et Je n’ai pas détruit le peuple juif. »

Nous allons essayer de comprendre pourquoi la Torah précisa que c’est grâce à sa jalousie qu’Hachem annula son décret. Pourquoi la Mitsva qu’il fit ne suffit-elle pas pour sauver le peuple? Pourquoi fallait-il que cet acte provînt du plus profond de son cœur, d’une jalousie qui le poussa à sacrifier sa vie pour Hachem?

Le rav Yaacov Hades chlita explique qu’il y a une grande leçon à apprendre de cela. Comme nous le savons, les mitsvot que nous accomplissons ou les fautes que nous commettons ont des répercussions dans les sphères supérieures. Ainsi, lorsque nous prions, étudions ou accomplissons la volonté Divine, nous construisons des mondes célestes. A l’inverse, lorsqu’un homme faute, il détruit des entités spirituelles. Plus un homme atteint des niveaux élevés dans le service Divin, plus son influence sur les mondes supérieurs est grande. Zimri ben Salou était le prince de la tribu de Chimon. Il était un des piliers du monde. Malgré ses centaines d’années de service Divin, de Mitsvot…il fit cette faute, qui devait certainement être beaucoup plus fine et plus profonde que nous l’avons expliqué. Quoi qu’il en soit, l’erreur de ce Tsadik détruisit tellement de mondes spirituels qu’Hachem décréta la destruction du peuple juif. Or, pour réparer cela, il fallait arriver à reconstruire tout ce qui avait été détruit. La Torah nous dévoile par quel moyen Pinhas parvint à faire cela: grâce à la jalousie qu’il eut pour Moi. Puisqu’il fit cette Mitsva de tout son cœur, de toute son âme, alors l’impact de celle-ci monta aussi haut que la faute de Zimri.

A partir de cet enseignement, nous pouvons constater la réelle différence qu’il existe entre une Mitsva faite avec joie et désir et une Mitsva accomplie avec une certaine routine. Ainsi, plus nous mettons de cœur dans l’accomplissement des Mitsvot, plus leur impact sera important et plus nous éprouverons la volonté de les faire. Pour cela, il nous suffit de nous arrêter quelques instants avant de faire une Mitsva et de prendre conscience de ce que nous nous apprêtons à faire. Lorsque nous allons prier, nous devons avoir à l’esprit que nous allons avoir un entretien privé avec le Maitre du monde, celui qui peut tout faire. Lorsque nous allons étudier, Hachem nous parle et nous enseigne Sa Torah. A chaque bénédiction, nous pouvons louer notre Créateur…Si un homme pense à cela ne serait-ce qu’un instant avant d’accomplir ses Mitsvot, il est évident qu’il s’emplira de joie et de ferveur à l’idée de faire la Volonté d’Hachem. Ses actes seront emplis de sainteté et il désirera chaque jour accomplir son service avec plus d’intensité. Voilà une des grandes leçons que nous pouvons apprendre de Pinhas…

Qu’Hachem nous donne les forces de le servir de tout notre cœur et de toute notre âme, amen ken yéhi ratson.

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