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Parachat Dévarim: Des pleurs en vain…

Nous ouvrons cette semaine le dernier des cinq livres de la thora, le sefer Devarim, dans lequel sont racontés les onze derniers  jours de Moche Rabbenou. Le peuple campe en face du Jourdain et s’apprête à conquérir la terre d’Israel sous les ordres de Yeochoua bin noun. Moche adresse aux bné Israël  de nombreuses réprimandes sur leurs fautes commises pendant quarante ans dans le désert. Il leur sera reproché en particulier d’avoir pleuré lorsque les explorateurs rendirent un rapport alarmant sur la terre sainte un certain 9 Av,vous vous en souvenez …

La guémara Taanit (29, a) nous ramène à un enseignement de Raba au nom
de Rabbi Yohanan : Hachem dit en ce jour du 9 Av : « Vous pleurez aujourd’hui gratuitement, Je vous instaurerai des pleurs pour les générations ». C’est ainsi que les deux Temples ont été détruits en ce jour ainsi que la ville de Beitar et de Jérusalem.

A quelques jours du 9Av, nous nous devons de réfléchir .Comment des évènements si terribles (nous parlons ici de millions de morts selon les guemarots) peuvent-ils avoir été causés par de simples pleurs ?

Comme nous l’avons vu dans la paracha Matot, la parole est créatrice. En effet, lorsqu’un homme se plaint, on ouvre son dossier dans les sphères célestes : si sa requête est justifiée, on l’exauce, mais si elle ne l’est pas h’v, cette personne qui n’avait aucune raison de se plaindre risque de se voir attribuer des évènements qui susciteront son désespoir h’v.

Pour comprendre cela, imaginons un père qui rentre de voyage avec un  présent pour son fils. Depuis déjà bien longtemps, ce papa s’imagine le visage de son enfant s’éclairer à la vue de ce cadeau et se voit déjà couvert de baisers et de remerciements. Arrivé à la maison, son fils se jette sur lui et son présent qu’il ouvre impatiemment. « Quoi! c’est tout? C’est ça que tu m’as acheté… c’est nul… » à la grande déception du père. Et l’enfant se met à pleurer amèrement !

Voila à quoi ressemblait le peuple juif en cette nuit là. Hachem nous offrait la meilleure terre du monde et nous n’avons trouvé rien de mieux que de pleurer. Le Rav Arouch chlita nous explique d’ailleurs que si le Temple n’est pas reconstruit et que tous les ans nous pleurons sur l’exil que nous subissons depuis 2000ans c’est parce que nous n’avons toujours pas réparé la faute des explorateurs. Nous
pleurons encore pour rien, nous nous plaignons de nos conjoints, de notre famille ou amis, de notre situation financière, de notre physique ou notre moral etc. Or, la haut, on ouvre les dossiers et bien souvent, hélas, cette voix retentit : vous pleurez pour rien, vous allez pleurer pour quelque chose. Et Hachem est contraint de
multiplier les souffrances et de laisser son temple en ruine.

C’est pourquoi en cette période du 9 av, il faut s’efforcer de remercier notre créateur pour tout ce que nous avons et tout ce qui nous arrive. Car tout est pour le bien, nous enseignent nos sages dans la guémara brahot (60, b) à nous de voir où il se trouve, comme l’illustre cette histoire :
Un homme travaillait dans la cafétéria de Har HaTsofim, l’université de Jérusalem, il y à quelques années. A la naissance de son fils, son patron lui proposa la salle pour célébrer la Brit-mila. Le père demanda à ne pas travailler l’après-midi avant la cérémonie afin de terminer les préparatifs.  A sa grande surprise, son employeur
s’énerva et refusa catégoriquement ! Le nouveau papa organisa l’événement  et s’imaginait qu’il pourrait convaincre son supérieur le jour même. Mais lorsqu’il appela pour prévenir de son impossibilité de venir, le patron entra dans une colère terrible et menaça d’annuler la Brit-mila s’il ne changeait pas d’avis sur le champ.
Que faire? Toutes les invitations avaient déjà été envoyées ? Mais pourquoi renoncer à un après-midi de prière et de proximité avec Hachem ? L’employeur animé  par cette flamme décida de célébrer la fête ailleurs, contacta les invités en pensant s’arranger avec son chef plus tard. Le lendemain, alors que toute la famille et les amis chantaient « Eliahou anavi, eliahou anavi » un terroriste fit exploser
la cafétéria de Har HaTsofim causant la mort d’un Américain.

Même si, la plupart du temps, nous n’avons pas le mérite de voir aussi explicitement la main d’Hachem, il faut savoir que tout événement est comme cette histoire. C’est pourquoi il est tranché dans le Choulhan Aroukh  (O ‘H, 230,5)  « Un homme doit s’habituer à dire : tout ce que Dieu fait, c’est pour le bien ! »

Grâce à ces guémarot, nous savons désormais comment transformer ces jours de pleurs en jours de joie. Il nous suffit d’arrêter de nous plaindre et de remercier le créateur en toutes circonstances. Ainsi la faute des explorateurs sera réparée et nous danserons de nouveau sur les parvis du Beth Hamikdach.

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