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La sagesse de la femme

par Itshak Nabet

La Torah nous raconte cette semaine la révolte que mena Korah contre son cousin Moshé rabénou zrouto yagen alénou. Le midrash amène la source de sa querelle: Korah dit: « mon père et ses frères étaient quatre: Amram, Yitsar, Hévron et Ouziel. Amram,l’aîné, avait deux fils, Aaron et Moshé, qui héritèrent de la royauté et de la prêtrise. Qui est plus approprié que moi pour le poste de prince de la tribu de Lévi? Je suis l’aîné de Yitsar, le deuxième fils de Kehath, et pourtant Moshé choisit Elitsafan, fils d’Ouziel, le plus jeune des 4 frères. Je m’oppose à lui et je révoque tout ce qu’il a fait.»

A la suite de cela, Korah rassembla tous les sages afin de réfuter les décisions prises par Moshé. La dispute se finira par la disparition de Korah et de son assemblée, tous avalés par la terre. Le midrash cite le verset des proverbes (14,1): »La sagesse des femmes construit sa maison ». Cela a été dit au sujet de la femme de One ben Pelet. »Leur folie la détruit de ses mains » au sujet de la femme de Korah.

De quoi s’agit-il? Le midrach nous dévoile comment One ben Pelet, un des associés de Korah, fut sauvé par sa femme. En effet, celle-ci lui fit boire du vin le jour de la révolte et siégea devant sa maison les cheveux découverts, empêchant ainsi les compagnons de son mari de venir le chercher. A l’inverse, la femme de Korah mit de l’huile sur le feu et poussa son mari à la révolte.

Il y a lieu de se demander de quelle sagesse Chlomo ameleh parle ici. « Le sage utilise son savoir pour distinguer le bon du mauvais afin de trouver sa voie qui lui est propre » nous explique le Malbim (zal). En effet, il n’y a pas de chemin universel qui convienne à tout le monde. Chacun, en fonction de sa personnalité, doit trouver la route qui lui est adaptée. La sagesse, c’est de savoir exactement ce qui est fait pour moi. Korah pensait que la répartition des responsabilités que Moshé avait effectuée sous l’ordre d’Hachem n’était pas juste. Alors il commença à convaincre son entourage qu’il y avait de meilleurs chemins pour eux.

La femme de One ben Pelet comprit par sa sagesse quelle voie son mari devait emprunter. Elle ne rêva pas que son mari devienne un haut responsable. Elle voulait le garder ainsi, comme il était: un serviteur d’Hachem. Pour cela, elle alla même à l’encontre de la volonté de son mari afin de le sauver. Elle comprit ainsi ce qu’Hachem avait déclaré lors de la création de la femme « Je lui ferai une aide contre lui ». Parfois, ce sont les décisions les plus extrêmes, comme d’aller à l’encontre de son mari, qui sont nécessaires pour son bien et son évolution. A l’inverse, la femme de Korah ne chercha pas la route que son mari devait prendre, mais elle l’incita à devenir ce qu’elle-même désirait pour lui. Cette attitude, bien que fondée sur de bonnes intentions, se révéla destructrice et entraîna la perte de toute sa famille.

De ces deux femmes, nous devons apprendre comment se comporter dans la vie. Avant le mariage, ou avant d’avoir des enfants…. chacun espère beaucoup de sa future vie, de son foyer, de son travail…Et souvent la réalité est bien loin de ce qu’on imaginait. On se confronte à de nombreux obstacles. La sagesse est de savoir s’adapter à sa famille, à son entourage, sa maison…On ne doit pas essayer de transformer nos vies selon les modèles de nos rêves. Au contraire, nous devons construire, améliorer et embellir ce que nous possédons déjà. Nous devons accepter nos proches comme ils sont, car souvent ce que nous désirons n’est pas le meilleur pour eux.
Voila la sagesse que nous devons acquérir. Comprendre quelle est notre place, c’est-à-dire ce qui est bon pour nous afin de ne pas passer nos vies à courir derrières des rêves. En faisant cela, nous serons capables de construire des foyers saints qui amèneront la construction du troisième Temple très prochainement, béézrat Hachem.

Cette explication est inspirée du livre Droch Tov.

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