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Une lettre au bon moment

par Itshak Nabet

Dans la paracha Béchalakh, la Torah raconte comment nos ancêtres mangèrent une nourriture spirituelle, la Manne. Comme nous l’expliquons dans le Dvar Torah à la fin de ce mail, le Créateur n’a jamais cessé d’envoyer la Manne. Cette histoire, que vous pouvez retrouver dans le magnifique livre: La Paracha du rav Eliahou Hassan, illustre parfaitement cette idée.

David était un Avrekh qui étudiait la Torah à plein temps à Jérusalem. Il était particulièrement sérieux et assidu dans son étude. Lorsque sa fille fut en âge d’être mariée, il la fiança avec un jeune homme extrêmement brillant et vertueux.

Le père était très heureux d’avoir trouvé un bon parti pour sa fille, à tel point qu’il s’engagea à apporter pour la dot une somme de 60 000$, somme importante pour un Avrekh. Cet argent devait permettre au jeune couple d’acheter un petit appartement, et au futur gendre de s’adonner complètement à l’étude de la Torah sans se soucier de la « Parnassa ». Le seul problème étant que le père lui-même était désuni et arrivait difficilement à subvenir aux besoins de sa famille. Mais il avait un atout, son extrême confiance en Hachem. Il était parvenu à un tel niveau de foi qu’il était persuadé que D… lui viendrait en aide et lui permettrait de réunir cet argent afin de tenir son engagement.

Quand sa femme apprit la promesse de son mari envers le ‘Hatan, elle ne put s’empêcher de le sermonner. En effet, ils avaient à peine de quoi couvrir les frais du mariage, sans parler de leurs difficultés à s’en sortir au quotidien. Elle lui demanda où il pensait trouver cet argent. Peut-être que son mari avait-il décidé de quitter les bancs des maisons d’étude et d’aller travailler? Ou, pire encore, avait-il l’intention d’aller mendier? Le mari la rassura et, d’un ton serein, il lui expliqua comment eux- mêmes, depuis déjà plusieurs années, voyaient comment Hachem subvenait à leurs besoins. Puisqu’ils dépendaient entièrement de D…, alors pourquoi ne pas continuer à Lui faire confiance pour la dot du mariage de leur fille? Il suffit simplement attendre la « délivrance ». Sa femme fut convaincue par son discours et, elle aussi, décida de se renforcer dans sa foi et d’attendre…

Les jours passèrent, puis les semaines, et toujours rien à l’horizon. La femme comprit que son mari n’avait pas l’intention d’effectuer de démarches particulières pour trouver l’argent. Inquiète par la situation, elle se rendit chez le Rav Chalom Eliachiv zal et raconta à sa femme toutes ces péripéties. Puisque son mari était un élève du rav, il pourrait sûrement l’inciter à faire quelque chose. Quelques jours plus tard, David se rendit chez le rav Eliachiv pour lui poser une question. Au cours de la conversation, ce dernier le somma d’agir pour trouver l’argent de la dot:  » Tourne-toi vers un ami proche ou vers ta famille afin qu’ils t’aident… »

A peine sorti de chez le rav, David décida d’appliquer son conseil et s’empressa de courir chez son ami qui était directeur d’une importante institution. Il lui exposa les données du problème. « Ecoute David, je ne vois pas comment je pourrais t’aider. » Afin de ne pas le rejeter complètement, il lui proposa :  » voici l’adresse d’un de mes donateurs personnels, peut-être pourra-t-il t’aider! » David sortit heureux. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que ce donateur avait l’habitude d’envoyer un chèque de 15$ par an. Il rentra donc chez lui, saisit une feuille et se mit à écrire son histoire au  » généreux donateur ». Après avoir accompli son devoir, qui était de faire une démarche, il retourna tranquillement à la maison d’étude, certain qu’Hachem allait lui venir en aide.

La semaine du mariage arriva et la délivrance n’était toujours pas arrivée. Deux jours avant la date limite, le miracle se produisit. Sa femme trouva dans la boîte aux lettres une lettre provenant de l’étranger. Elle l’ouvrit et faillit s’évanouir. Un chèque de 60 000 $ leur était destiné. Ils envoyèrent sur le champ une lettre chaleureuse de remerciements au donateur. Lorsqu’il vit son ami, il le bénit de lui avoir présenté ce généreux donateur. Celui-ci faillit s’évanouir quand il entendit le montant du don. « Comment est-ce possible? se demandait-il. Comment une personne qui donne 15‎$‎ par an peut-elle donner une aussi grosse somme à un inconnu? Peut-être n’avait-il pas su parler à ce riche comme il fallait? »

Il décida de réparer son erreur et d’aller personnellement rencontrer ce mystérieux donateur. Il prit un billet d’avion et se rendit chez l’homme en question. A son grand étonnement, le donateur ne semblait pas rouler sur l’or. Au contraire, il vivait dans un cadre assez modeste. Le directeur remercia longuement son hôte pour l’aide qu’il envoyait depuis plusieurs années, puis les deux entamèrent une discussion. Il ne put se retenir longtemps de lui demander comment il avait donné 60 000 ‎$ à un Avrekh. Le donateur lui raconta:

« Il y a quatre ans de cela, nous avons eu, grâce au Créateur, une petite fille. Cela faisait de longues années que nous attendions de connaître ce bonheur. Il y a quelques semaines, un grave accident se produisit. Notre fille se trouvait à l’hôpital dans une situation critique. Lorsque nous arrivâmes là-bas, le docteur qui s’occupait d’elle nous dit qu’il fallait tenter une opération dont les chances de réussite étaient extrêmement faibles. Ma femme et moi ne cessions de pleurer et de prier. A ce moment, je fis le vœu de faire un don de la moitié de la somme que nous avions mis de côté pour sa dot. Baroukh Hachem, l’opération réussit et notre fille sortit de tout danger. Je me rendis à la banque pour voir que la somme s’élevait à 120 000 ‎$‎. Le lendemain, je reçus la lettre de cet Avrekh. J’y vis un signe du Ciel: il devait marier sa fille et avait besoin exactement du montant que je souhaitais donner. C’est ainsi que je lui envoyai sans tarder un chèque… ‎

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