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Vaétrananne: la leçon du 15 av

 

La paracha de la semaine,Vaétranan,s’ouvre sur les phrases suivantes: » A cet instant, Moché  rabénou  implora l’Eternel en disant: Hachem, Tu as permis à ton serviteur de voir Ta grandeur et Ta main puissante, car il n’existe aucune force dans le ciel ou sur la Terre capable d’accomplir des actes comme Toi. Permets- moi s’il Te plait de passer ce Jourdain et de voir ce bon pays…Alors Hachem refusa ma demande et me répondit: Ça suffit, ne rajoute pas de prière à ce sujet. »

Nos sages enseignent que la valeur numérique de Vaétranane est de 515. La Torah utilisa cette expression afin de nous apprendre que Moché fit 515 prières afin de rentrer en Eretz Israël. Hachem fut forcé de l’arrêter, nous dit le Midrach, car s’il avait effectué une prière de plus, Hachem aurait été obligé de le laisser entrer en terre sainte.

La première question que nous devons poser est la suivante: Pourquoi,  lorsqu’Hachem demanda à Aaron  Acohen de mourir, celui-ci accepta-t-il sans prier? Ne désirait-il pas lui aussi accomplir les Mitsvot liées à la Terre d’Israël?

Ensuite,la Torah nous dit « A cet instant, Moché pria… »Il existe de nombreux commentaires afin d’expliquer de quel instant il s’agit. Le Pné Yéochoua explique que Moché  Rabénou commença à prier le 15 av. Comme nous le savons,  Moché Rabénou mourut le 7 Adar. Du 15 av au 15 Chvat, il y a 6 mois, 3 de 30 jours et 3 de 29 jours. Ce qui nous donne 177 jours. Si on ajoute les 23 jours du 15 inclus au 7 inclus, cela nous donne 200 jours. Si on enlève les 28 chabatot, cela fait 172 jours pendant lesquels Moché Rabénou pria, trois fois par jour. Ce qui nous fait 516 prières. Or Moché Rabénou commença le 15 av au matin, donc cela nous donne les 515 prières pour entrer en Eretz Israël. Si ce calcul parait séduisant, nous devons comprendre pourquoi Moché  Rabénou commença à prier le 15 av…

Enfin, il est écrit dans la dernière Michna du traité Taanit  ( 26,b) au nom de Rabi Chimon ben Gamliel: » Il n’y a pas eu de bons jours pour Israël comme le 15 av  et Yom Kippour. » A priori,comment comparer le jour de Kippour, le jour le plus saint de l’année,avec le jour du 15 av?

Nous pouvons trouver les réponses à ces questions dans le livre Imré Chamaï. La guémara, dans ce traité (30,b) , demande en quoi le 15 av fut un bon jour pour Israël. Une des réponses apportées au nom de Rabi Yohanan fut que ce jour-là, la génération du désert arrêta de mourir. Rappelez-vous:après avoir pleuré le 9 av pour ne pas rentrer en Terre Sainte, Hachem avait juré que cette génération de 20 à 60 ans ne verrait pas Eretz Israël. Ainsi,chaque année,le 9 av, tous les hommes qui avaient failli lors de la faute des explorateurs creusaient un trou. Puis ils disaient adieu à leur famille, demandaient pardon à Hachem et allaient se coucher. Au matin, Moché Rabénou disait: » sortez de vos caveaux. » Chaque année, 15 000 hommes ne se levaient pas.

Les années passèrent. La quarantième année, il ne restait plus que 15 000 hommes de cette génération. Au matin, Moché Rabénou  était sûr de ne plus voir personne se lever. Et pourtant, à la surprise générale, les 15 000 hommes se levèrent. Alors Moché Rabénou déduisit qu’il avait dû se tromper dans le décompte des mois. Ainsi, le soir suivant,chacun redit adieu à sa famille…Et encore une fois, les 15000 se levèrent. Toute la semaine, les derniers fautifs de cette génération dormirent dans leur trou. Le 15av, ils virent la pleine lune et comprirent qu’ils ne s’étaient pas trompés dans leurs calculs. Le décret avait été annulé.

Et pourtant, Hachem avait juré de ne pas laisser entrer un de ces fautifs… Le rav Rozemblum chlita explique que chaque année, les hommes qui allaient dormir dans ces trous demandaient pardon à Hachem et le suppliaient de ne pas mourir. Mais au fond, ils se disaient: pourquoi est-ce moi qui mourrais cette année, je suis encore jeune et puis je n’ai pas vraiment pleuré. Ou encore il y une chance sur 20, ou 30 ou 40 que ce soit mon tour…Donc les gens demandaient pardon, suppliaient Hachem, mais pas du fond du cœur.

Cependant la dernière année, il n’y avait plus d’issue possible. Chacun des 15 000 savait qu’il était condamné. Ainsi,tous pleurèrent toute la nuit, firent Téchouva sincèrement, et réussirent alors à annuler la punition. Désormais, nous pouvons répondre aux questions posées. Aaron et Moché ne pensaient pas que l’on pouvait changer ce qu’Hachem avait décidé sans appel. C’est pourquoi Aaron ne pria pas pour entrer en Terre Sainte. Mais le 15 av, lorsqu’il vit la pleine lune, Moché comprit que, par la prière, un homme peut même changer une promesse divine. Alors il se mit à prier tous les jours pour cela… Jusqu’à ce qu’Hachem lui dise: » Je suis prêt à te faire rentrer en Eretz Israël, mais sache que si tu ne meurs pas hors d’Israël, la faute du veau d’Or ne sera pas effacée. » Alors Moché répondit: » tue- moi mais ne touche pas à un ongle des bné Israël. »

Nous comprenons également pourquoi les sages de la Michna comparaient Yom Kippour au 15 av. Car le jour de Yom Kippour, un homme peut effacer ses fautes grâce à la Téchouva et repartir à zéro. De même le 15 av, les bné Israël apprirent que l’on peut annuler des décrets divins par la prière. Cependant,comme nous l’avons expliqué,il existe une condition pour cela. Nous devons placer notre confiance entièrement en Lui et nous devons prier sincèrement afin de mériter la Délivrance. La semaine prochaine, nous fêterons le 15 av, alors conservons cet enseignement et appliquons le tous les jours de nos vies.

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