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La fête de Chavouot

par Itshak Nabet

Dans quelques jours, nous allons célébrer la fête de Chavouot en souvenir du don de la Torah. Il est intéressant de constater qu’il n’y a aucune mitsva spécifique à ce yom tov, pas de Souccot à construire, pas de Séder…Et pourtant, pour tous les juifs du monde, Chavouot représente sa célèbre veillée. En effet,nous avons un minhag antique qui nous voit nous réunir toute la nuit dans les synagogues et lire le tikoune écrit par le Ari zal ou étudier la Torah jusqu’au petit matin. Cette soirée d’étude est si importante que Rabi Haim Vital zal a écrit dans son Sefer Hakavanot que: « L’homme ne doit pas dormir durant cette nuit. Il doit rester éveillé et étudier la Torah. Et tous ceux qui veillent sans dormir un seul instant peuvent être assurés d’être préservés durant toute l’année entière du moindre désagrément ». Et Rabi Haim Falaggi zal ajouta qu’il mérite de contribuer au Tikoune de la Chékhina et d’avoir des enfants et des petits-enfants érudits en Torah ».Nous allons essayer d’expliquer le sens de cette veillée et pourquoi nous la faisons le soir de Chavouot.

Une des raisons est analysée par le Magen Avraham zal dans les lois de cette fête. Ce rav explique que nous réparons la faute que nos ancêtres ont commise devant le Mont Sinaï. Comme vous le savez, les bné Israël ont reçu la Torah le 6 Sivan. Or,ce fameux matin, ils ne réussirent pas à se lever à l’aube et restèrent endormis deux heures après le début du jour. Lorsqu’Hachem se rendit au mont Sinaï, nous dit le Midrach, Il trouva le peuple juif encore dans les tentes. Il le réveilla en faisant entendre des bruits de tonnerre et des sons puissants de schofar. Le peuple saisi de crainte fut alors conduit par Moché vers la montagne. Ainsi,chaque année,veillons-nous toute la nuit pour pouvoir recevoir la Torah à la première heure, afin de ne pas commettre de nouveau l’erreur de nos ancêtres.

Nous allons essayer de partir d’un autre Midrach connu pour donner une autre raison à cette veillée. Nos sages racontent que lorsque le Tout Puissant voulut transmettre la Torah, il la proposa à toutes les nations mais aucune n’accepta. Les enfants d’Essav demandèrent « qu’y a-t-il écrit dedans? » »Tu ne tueras pas ! » « Impossible, sur notre épée nous vivons et en elle nous avons confiance. » Puis Il demanda aux enfants d’Ichmael, et eux aussi demandèrent des renseignements sur le contenu du contrat. Il est écrit « Tu ne voleras pas »! Le vol c’est notre vie, nous ne pouvons pas. Et,de la même façon, toutes les nations refusèrent. En dernier, Il proposa aux bné Israel qui répondirent « Naasé Vénichma » c’est-à-dire: nous ferons et nous comprendrons!

A priori, il peut paraître étonnant qu’Hachem leur annonça uniquement les lois qui étaient impossibles à leurs yeux. Pourquoi ne pas leurs avoir transmis des Mitsvot plus attractives comme les fêtes ou le Chabat ? Ce Midrach nous apprend comment recevoir la Torah et les Mitsvot. En effet, nos sages nous enseignèrent qu’Hachem désirait réellement donner sa Torah à tout le monde, même aux enfants d’Essav et d’Ischmael sans aucun critère de sélection. Cependant,une condition était exigée pour pouvoir la recevoir. Il fallait la vouloir. Lorsque les nations du monde ont commencé à poser des questions, elles ont prouvé qu’elles n’étaient pas vraiment intéressées:elles cherchaient déjà des prétextes pour refuser.Or chacun sait que la Torah est le mode d’emploi du monde, de l’homme et de la vie,et qu’il n’existe rien de mieux pour nous.

Le vrai problème n’est pas ce qui y est écrit,mais de savoir si sommes prêts à changer et à nous élever. Voilà l’unique raison qui nous empêche d’avancer.

Nos ancêtres,en disant, »Nassé Vénichma »,proclamèrent: nous voulons ta Torah et tes Mitsvot. Ils méritèrent ainsi de recevoir ce magnifique cadeau. Ainsi, toute personne qui le désire et se donne les moyens pour l’acquérir peut grandir et s’approcher d’Hachem. N’oublions pas que Rabi Akiva fit Téchouva à quarante ans et que c’est à cet âge qu’il commença à apprendre à lire!! Et plus encore, des petits enfants lui enseignèrent l’alphabet. Qui peut s’imaginer l’humiliation que cela devait être pour lui? Et pourtant,après 24 ans,sans interruption d’étude de la Torah,il est devenu le rav de 24 000 élèves et un des maîtres de sa génération. Rabi Akiva représente l’exemple vivant que la Torah est à la portée de tous à la condition de la vouloir et de s’en donner les moyens. De même nous lisons la Méguila de Ruth afin d’apprendre de cette tsadékette qui abandonna son titre de princesse et sa condition de vie pour se convertir et prendre sur elle le joug de la Torah.

Comme nous l’avons dit,Chavouot est la fête du don de la Torah. Chaque année, Hachem demande à chacun, juif et non-juif: »Est-ce que tu veux de ma Torah? »Alors sachons quoi lui répondre. Ne cherchons pas d’excuses!

Au contraire, crions haut et fort « Nassé Vénichma »! Voici peut-être un autre message de cette veillée de Chavouot. En étudiant toute la nuit et en luttant contre la fatigue,nous montrons à Hachem à quel point nous désirons Sa Torah. Et c’est pour cette raison que, depuis des milliers d’années, nous nous réunissons pour étudier en cette sainte soirée de Chavouot. Alors nous vous souhaitons à tous une excellente veillée et de très bonnes fêtes.

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