Fêtes juivesLa TéchouvaYom Kippour

La Mitsva du jour

Il est écrit,dans le troisième chapitre des Halahots de Téchouva du Rambam:  » Chaque homme possède des mérites et des fautes. Celui qui possède plus de bonnes actions que de mauvaises est appelé Tsadik. Celui dont les erreurs dépassent les Mitsvot est jugé Racha. Un homme qui possède autant de mérites que de fautes est appelé « moyen »…Cette évaluation n’est pas faite en fonction du nombre de Mitsvot ou de fautes. Car il existe des Mitsvot qui valent plusieurs fautes, et certaines fautes peuvent peser davantage que plusieurs Misvot. Seul Hachem sait juger qui est Tsadik ou Racha…De même qu’un homme est jugé à la fin de sa vie, nous sommes jugés,chaque année, à Roch Hachana. Les Tsadikim sont signés dans le livre de la vie, les impies dans celui de la mort; et les moyens sont en suspens jusqu’à Yom Kippour: s’ils font Téchouva, ils sont inscrits dans le livre de la vie, ou,sinon,dans le livre de la mort. »

Tous les commentateurs s’étonnent de cette loi du Rambam. A priori, s’il manque à un homme moyen une Mitsva pour devenir Tsadik, je comprends que s’il fait Téchouva, il ajoute cette Mitsva est devient Tsadik. Mais pourquoi,s’il ne fait pas Téchouva, devient-il Racha? A priori, il devrait rester à sa place,celle de moyen… Le Lehem Michné répond que,pendant les 10 jours de Téchouva, un homme est obligé de faire Téchouva. Donc,s’il ne fait pas Téchouva, il commet une faute et se trouve inscrit dans le livre de la mort.

Le rav Doumb chlita précise que cette explication n’est que le début de la réponse. Car il est évident que cet homme a fait pendant les 10 jours de Téchouva de nombreuses Mitsvot: il a dû faire la prière, les bénédictions, il a dû étudier un petit peu…Alors comment peut-on l’inscrire dans le livre des Réchaim à cause d’une seule faute, celle de ne pas avoir fait Téchouva? De cette question, rav Itshak Blazer zal retire un enseignement saisissant: celui qui ne fait pas Téchouva pendant ces dix jours commet une faute plus importante que toutes les Mitsvot qu’il a accomplies pendant ces jours. Même s’il a fait mille Mitsvot, cette faute l’emporte!!

Pour comprendre comment revenir vers Hachem, étudions un passage du Talmud Hagiga. La guémara (page15, a) raconte qu’il y avait un des grands Tanaïm, à l’époque de Rabi Akiva,qui s’appelait Elicha ben Abouya .Après avoir fauté, il entendu une voix céleste dire : « Revenez,enfants rebelles,sauf Elicha ben Abouya. »- Puisque je n’aurai pas le monde futur, autant profiter de ce monde dit- il. Il alla voir une prostituée et commença une chute qui ne s’arrêtera pas. Son élève,Rabi Meïr, essaiera toute sa vie de lui faire faire Téchouva, mais son maître répondait sans cesse:  » J’ai déjà entendu que je ne pouvais pas faire Téchouva ».

A priori, comment peut-on reprocher à ce sage son comportement? Son raisonnement parait légitime. Nos sages illustrent cette situation par une parabole. Un homme décide de faire une randonnée dans la forêt. La nuit tombée, il installe sa tente et dort paisiblement. Quelques heures plus tard, il entend le hurlement de loups. Pris de panique, il met ses chaussures et court de toutes ses forces. Il entend au loin les aboiements venir dans sa direction. Il continue sa course dans la forêt lorsque, soudain, il voit une maison. Il se jette sur la porte et commence à taper de toutes ses forces. Hélas, personne ne vient ouvrir.

Que peut faire cet homme? Nos sages disent qu’il continuera à frapper jusqu’à ce qu’on lui ouvre ou que les loups le dévorent. Car il n’a aucune autre solution. La véritable Téchouva est de comprendre qu’il n’existe nulle part où aller, hors de ce qu’Hachem nous propose. Le Créateur a offert à son peuple le plus beau des cadeaux, la possibilité de nous rapprocher de Lui. Nous pouvons lui parler à travers la prière, écouter Sa voix à travers l’étude de la Torah, et accomplir Sa volonté par l’accomplissement des Mitsvot. Peut-il venir à l’esprit d’un homme de rejeter cette chance, et de se comporter comme un animal? La vie peut-elle se résumer à « Métro Boulot Dodo »? Même sans la promesse de monde futur, un homme ne peut concevoir de vivre sans cette proximité avec Hachem. Voilà ce qu’on reprocha à Elicha Ben Abouya.

Pendant ces dernières heures avant la Néïla, prenons le temps de réfléchir. Sommes-nous assez proches d’Hachem. N’est-ce pas dommage de perdre notre temps pour des choses futiles? Alors, décidons,une fois pour toutes, de revenir vers Lui, et inscrivons- nous dans le Livre des vivants. Nous vous souhaitons une très bonne fête,et davantage encore de Kédoucha et de Téchouva.

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