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Le compte du Omer

par Itshak Nabet

Nous trouvons la Mitsva du Omer dans la paracha Emor. Comme il est écrit: Vous compterez depuis le lendemain de Pessah jusqu’au jour ou vous apporterez le Omer ( lors de la fête de Chavouot) sept semaines entières… Même si nous ne pouvons pas comprendre toutes les raisons pour lesquelles Hachem nous ordonne les Mitsvot, il est certain que nous avons un devoir de chercher quels sens celles-ci contiennent. Nous sonnons du chofar à Roch Hachanna pour nous réveiller, enseigne le Rambam. Nous mangeons des Matsot à Pessah en souvenir du pain de misère que les Egyptiens donnaient à nos ancêtres…Alors essayons de comprendre quel est le but de ce compte que nous faisons depuis déjà trente jours.

Le Sefer Akhinour (Mitsva 306) explique que : « La Thora représente ce qu’il y a de plus important pour un juif…En outre, c’est dans l’unique but de la recevoir que nous avons été libérés d’Egypte. Et c’est pour cette raison qu’il a été ordonné de compter les jours qui nous séparent de la sortie d’Egypte, de Pessah, jusqu’au don de la Thora afin de montrer notre impatience et l’importance que nous accordons à ce jour ».

De nombreux commentateurs s’interrogent devant cette explication. Lorsqu’un homme attend un événement agréable, les vacances ou la retraite, il compte en général le temps qui lui reste avant d’arriver à ce jour. Par exemple, il me reste 3 ans avant la retraite, 2ans… Si ce compte doit refléter notre désir de recevoir la Thora,n’ aurait-il pas fallu compter les jours en décroissant et faire un compte à rebours?

Le Rav Pinkous zal donne une autre raison à ce compte du Omer en s’appuyant sur une explication du Rav Ahron Qotler zal. Dans la paracha Vayétsé, Yaacov avinou arrive chez Lavan pour trouver une femme. La Torah nous décrit sa rencontre avec Rahel, la fille de Lavan. Après avoir discuté avec ce dernier, Yacov s’engage à travailler sept ans en tant que berger pour pouvoir se marier avec sa fille. « Et ce fut à ses yeux comme un seul jour tant il l’aimait »nous dit la Torah. A priori, comment quelqu’un qui aime une personne et doit l’attendre pendant 7 ans peut-il considérer cela comme un seul jour ? Au contraire, chaque heure aurait dû être une éternité pour lui, un obstacle qui le sépare du but à atteindre.

Nous pouvons comprendre le sens de ce verset à l’aide d’une parabole. Un homme, très chanceux, gagne au Loto un million d’euros. Il appelle la Française des Jeux, qui lui annonce que son chèque ne sera débloqué que dans cent jours. Il est évident que chaque jour semblera un véritable enfer pour notre ami. Il s’imagine déjà sa nouvelle maison, sa voiture… Hélas,ces 100 jours l’empêchent de profiter d’un bonheur bien mérité. A l’inverse, si une personne travaille pour un milliardaire qui lui dit: » Je t’engage pour cent jours. Chaque jour, tu es payé 10 000 euros. » Cet employé se rend chaque matin le coeur léger effectuer sa tâche,sachant qu’il va encore gagner aujourd’hui 10 000 euros. Le temps pour lui n’est pas l’élément qui fait écran entre lui et son but, mais,au contraire,c’est grâce à lui qu’il arrivera au million. Et,s’il manque un jour, il perdra de l’argent. Il en était de même pour Yacov avinou. Notre ancêtre savait que de son union avec Rahel devait naître les douze tribus d’Israël. Il profita donc de ces sept ans pour se purifier, se rapprocher d’Hachem…afin de pouvoir transmettre à ses enfants le meilleur patrimoine génétique spirituel. Chaque jour représentait à ses yeux une chance unique de se parfaire. C’est pour cela que ces sept ans furent à ses yeux l’équivalent d’un seul jour.

Nous célébrons le don de la Torah lors de la fête de Chavouot, qui veut dire la fête des semaines. Cette appellation témoigne que le travail essentiel afin de recevoir la Torah chaque année est de se préparer lors de ces semaines que nous vivons. Nous devons profiter de chacun de ces cinquante jours pour réfléchir à notre manière de nous comporter vis-à-vis d’Hachem et de notre entourage. Nous devons essayer de réparer les imperfections qui sont les nôtres afin de présenter l’ustensile le plus propre,et donc le plus apte à recevoir la Torah. Ainsi,chaque jour représente un moyen de nous purifier et nous rapprocher de notre Créateur. Voila pourquoi nous comptons le Omer! Nous montrons ainsi l’importance que nous portons à ces jours que nous vivons actuellement. Alors profitons du peu de temps qui nous reste pour nous préparer à cet événement unique dans l’année.

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