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Libérer son âme

par Itshak Nabet

Cette semaine, dans la paracha Korakh, la Torah nous raconte une des premières disputes qui déchira les bné Israël. Après l’interdiction d’entrer en Terre Sainte à cause de la faute des explorateurs et les nombreuses punitions célestes dans le désert, la popularité de MochéRabénou a sérieusement chuté. C’est à ce moment que Korah décida de mener sa révolte. Ce cousin germain de Moché Rabénou était un des grands de cette génération, tant au niveau spirituel que matériel. Cependant, vexé de ne pas avoir été élu chef de la tribu de Lévi, il s’engagea dans une révolution qui lui coûtera très cher. Il passa de tribu en tribu et expliqua au peuple que Moché avait inventé de toutes pièces de nombreuses Mitsvot. En outre, il avait favorisé les membres de sa famille en plaçant son frère Cohen Gadol grand prêtre, et en séparant lesLéviim et Cohanim du reste du peuple. En peu de temps, le feu se répandit dans le camp. Des centaines de chefs des tribus se dirigèrent vers la tente de Moché pour revendiquer le droit au service dans le Temple. Moché Rabénou tenta de se défendre et de gagner du temps, Il leur proposa une preuve irréfutable qu’Aaron fut bien choisi par Hachem comme Cohen Gadol: « Que tout celui qui se prétend apte à ce poste apporte demain des encens à Hachem dans le sanctuaire. Cependant, sachez que seul le Cohen Gadol choisi par le Créateur sortira vivant! » Hélas, Moché ne découragea pas ses opposants avec ce test. Le lendemain matin, Korakh et ses 250 associés se tenaient prêts à effectuer ce service divin.

Hachem apparut alors dans la tente d’assignation et annonça que tous les rebelles et leur famille disparaîtront. Moché rabénou essaya une dernière fois de dissuader les militants: il parcourut environ 2,5km pour aller tenter de dissuader Datan et Aviram. Cette tentative, elle aussi, échoua, Ces réchaïm refusèrent même de lui ouvrir leur tente. Moché s’adressa alors au peuple: « Vous allez avoir la preuve que chacune de mes paroles a été dictée par le Tout Puissant. Si Datan, Aviram, et Korakh meurent de manière habituelle, je reconnaîtrai qu’Hachem ne m’a pas envoyé ». Il se tourna alors vers Hachem et demanda de punir ces impies par une mort unique dans l’Histoire. Au moment même où il acheva sa prière, un miracle prouva que Korakh et son assemblée s’étaient trompés. La terre s’ouvrit à l’endroit où étaient plantées les tentes de Korakh, Datan et Aviram. Leurs familles et tous leurs biens furent ensevelis. De l’autre coté du camp, dans le Temple portatif, un feu céleste descendit et consuma les 250 chefs qui avaient apporté de l’encens. Korakh, quant à lui, fut châtié par les deux punitions: il brûla puis fut englouti dans la terre.

Mais l’histoire ne s’arrêta pas. Les bné Israël reprochèrent à Moché et Aaron d’avoir causé la mort des 250 chefs. En effet, la disparition deNadav et Aviou avait prouvé que celui qui avait apporté de l’encens sans permission avait été puni de mort. « Moché les envoya à la mort » cria le peuple. Alors une épidémie frappa 14 700 bné Israël. Ce sera Aaron qui l’arrêta en brûlant lui-même de l’encens parmi eux, prouvant que ce n’est pas l’encens qui tue mais la faute. Hachem demanda alors à Moché rabénou de prendre un bâton par tribu et d’écrire dessus le nom du chef de tribu. Les douze bâtons seront placés dans la Temple portatif,et celui qui porte le nom du chef choisi par Hachem fleurira. Moché plaça ainsi les douze bâtons. Le lendemain,celui d’Aaron fut entièrement fleuri. Moché montra le bâton au peuple, et les plaintes cessèrent alors.

Lorsqu’on regarde l’intégralité de cette histoire, nous sommes en droit de nous demander: pourquoi Moché rabénou ne proposa pas le test du bâton depuis le début. Il suffisait de prendre 252 bâtons et de les mettre dans le Temple. Celui d’Aaron aurait fleuri et l’histoire aurait été finie! Alors pourquoi a-t-il fallu tous ces morts?

Il est écrit dans la paracha de Béréchit qu’Hachem prit de la terre afin de former l’homme, puis Il insuffla en lui une âme de vie. De là, nous apprenons que l’homme est constitué de deux parties. Une partie matérielle, le corps, et une partie spirituelle, l’âme. En outre, une des caractéristiques qui distingue l’homme du reste de la création réside dans son libre arbitre. Le Rambam zal enseigne que tout homme peut choisir et devenir Tsadik comme Moché Rabénou ou Racha comme Yéroboam ben Navat. Pour s’élever, il doit s’éloigner de la matérialité, de son côté animal, et renforcer la force spirituelle qui est en lui. Plus un homme domine ses désirs et son mauvais penchant, plus il laisse de la place à son âme de s’exprimer. Mais celui qui tombe dans l’océan des désirs éteint la lumière qui est en lui. En quelque temps, un homme peut ressembler à un animal, c’est à dire faire disparaître toute trace de spiritualité. Même si on met un Talith et une kippa à un chien (comme c’est la mode dans certaines communautés d’Outre-manche) et qu’on le met toute la journée dans une synagogue, il existe peu de chances que cet animal devienne religieux. Pourquoi? Car un animal ne peut s’élever spirituellement. Même si ce chien aperçoit un miracle de ses yeux, il pourra difficilement faire Téchouva.

De nombreuses personnes se plaignent de ne pas ressentir l’âme qui sommeille en elles. Le goût de la prière ou de l’étude n’est pas ressenti. Pire, certains assistent à des miracles et restent exactement comme ils étaient auparavant! Nous devons savoir que tant qu’un homme est accroché à ce monde et qu’il étouffe son âme, rien ne peut allumer la flamme qui sommeille en lui. Le seul moyen est dans un premier temps de s’éloigner de l’animal qui vit avec nous. Et c’est pourquoi, Moché rabénou ne voulut pas faire le miracle des bâtons de suite. Il savait que lesbné Israël étaient tellement dans la recherche des honneurs, dans la jalousie et la convoitise, que même ce miracle ne les calmerait pas. Le lendemain, la révolte recommencerait de plus belle. C’est pourquoi, il proposa cette épreuve de l’encens et demanda à Hachem d’avaler les participants de la rébellion. Après avoir vu autant de morts, les bné Israël perdirent l’envie de convoiter la place des léviim. A ce moment enfin, ils étaient prêts à voir le miracle et accepter la vérité: qu’Aaron avait été choisi par Hachem pour être le Cohen Gadol.

Nous vivons dans une société qui nous incite à assouvir nos désirs. Il existe autant de sortes de restaurants que de pays dans le monde. Les films, les vacances…ont pour seul but : nous combler des bienfaits de ce monde. Cependant le Ramhal zal dans le Méssilat Yécharim nous a promis que lorsqu’un juif domine son mauvais penchant, il s’élève et peut alors jouir de la Présence Divine. En s’éloignant de l’animal, nous nous rapprochons de notre âme et donc du Créateur. Alors qu’Hachem nous aide à faire ce premier pas, afin de pouvoir apprécier notre Service Divin comme il se doit, amen ken yéhi ratson.

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