BéréchitItshak NabetParacha

L’ultime épreuve

par Itshak Nabet

A la fin de la paracha de cette semaine,Vayéra, la Torah raconte la dernière épreuve d’Avraham avinou, le sacrifice d’Itshak avinou: comme il est écrit  » Et Elokim éprouva Avraham ». De nombreux commentateurs s’interrogent à propos de ce verset. Pourquoi la Torah attribue-t-elle cette épreuve uniquement à Avraham? Il paraît évident que pour Itshak, âgé de 37 ans, ce fut aussi un test. De plus,nos sages ont enseigné que la première épreuve d’Avraham avinou fut celui de Our Kasdim. Rappelez-vous, ce dernier n’hésita pas à se jeter dans une fournaise ardente pour prouver au monde qu’il existe un Dieu unique. Pourtant la Torah ne mentionne pas explicitement cet épisode. Alors pourquoi le sacrifice de son fils était-il plus difficile que son sacrifice personnel?

Le Nétivot Chalom explique que le fait de se laisser tuer pour Hachem ne paraissait pas,pour Avraham avinou,d’une grande difficulté. En effet, des milliers d’hommes et de femmes se sont laissé mourir à travers l’Histoire pour des raisons idéologiques, politiques et parfois même artistiques.Cette épreuve ne pouvait pas donc pas dévoiler la grandeur de notre saint patriarche. Voilà pourquoi la Torah ne raconta pas cet épisode. Par contre,le sacrifice d’Itshak nous est décrit en détail, car ce fut lui l’épreuve principale d’Avraham avinou.

Nos sages expliquent que la difficulté de cette demande divine de sacrifier son fils résidait dans la contradiction qu’elle fit naître. Quelques années auparavant, Hachem avait promis à Avraham avinou qu’ Itshak serait appelé sa descendance et qu’il aurait un grand peuple par lui. Or maintenant, Hachem lui demande de placer ce fils qu’il attendit si longtemps sur un autel. Cette contradiction qui était présente dans l’esprit d’Avraham avinou, ne l’empêcha pas de se lever de bonne heure et d’effectuer sa tâche avec joie. Il continua de servir Hachem sans poser de question. Voilà en quoi constituait l’essentiel de cette épreuve. Désormais nous comprenons aussi pourquoi ce n’en fut pas une pour Itshak qui ne connaissait pas cette contradiction.

De cette paracha, nous pouvons tirer de grandes leçons pour notre vie. Car du matin jusqu’au soir nous sommes confrontés à ce genre d’épreuve. D’un côté nous pratiquons la Torah et les mitsvot donc nous pensons être en droit de recevoir les bénédictions qu’Hachem promet à ses serviteurs. Et d’un autre coté, nous avons tous des attentes qui ne se réalisent pas: certains désirent un conjoint, d’autres des enfants, de l’argent, ou la santé…Et,pire encore, nous voyons combien de gens « qui méritent moins que nous » et qui semblent comblés!!

Le rav Dessler zal développe dans son livre Mirtav Eliahou (tome 1, p 19) qu’il y a deux manières de réagir faces à ce genre de questions. La première est d’avoir une foi entière en la justice divine. Il faut ancrer au plus profond de nous qu’il existe un Maître du Monde qui dirige toutes les créatures. Qu’il n’existe pas un détail dans la vie de chacun qu’Il ne désire pas et qui ne vient pas de Lui. Or puisque le juge est le Tout Puissant, et que nous ne sommes que des êtres de chair et de sang, comment espérer comprendre la profondeur de ses jugements? Seulement, peu de gens se contentent de cette réponse. De nombreuses personnes ne peuvent s’empêcher de questionner les décisions divines.  » S’Il est si miséricordieux, alors pourquoi nos vies sont si dures? » se répètent- elles intérieurement. Il faut savoir que ces pensées sont très dangereuses et peuvent facilement engager un homme contre son créateur et l’éloigner définitivement de la vérité.

Ainsi le travail de chacun est-il de se comporter comme Avraham avinou. Nous devons choisir la première interprétation et nous persuader que la Justice divine est véridique. C’est pourquoi nous devons toujours avoir à l’esprit comment notre ancêtre a surmonté cette ultime épreuve. Car grâce à lui, nous avons entre les mains les clefs pour nous rapprocher d’Hachem. Comme l’explique Rachi zal ( Dévarim 18, 13): marche dans les voies du Seigneur sans te demander ce qu’il en sera demain et accepte ce qui t’est arrivé sans te poser de question. Alors tu seras avec Lui. Qu’Hachem soit toujours à nos cotés et qu’Il nous donne les forces au quotidien d’imiter nos saints patriarches, amen ken yéhi ratson.

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