BéchalakhChémotItshak NabetParacha

Je me souviens du bienfait que Tu fis…

par Itshak Nabet

Notre paracha, Béchalakh, nous raconte les premiers pas des bné Israël dans le désert après la sortie d’Egypte. « Notre ancêtres montèrent d’Egypte Hamouchim », nous dit le second verset. Ce terme est expliqué de plusieurs façons par nos sages:

· Certains comprennent que les bné Israël montèrent armés, prêts pour conquérir la Terre Sainte.

· D’autres expliquent que la racine de ce mot signifie un cinquième: ainsi,seul un cinquième sortit d’Egypte. En effet, quatre cinquièmes des bné Israël ne désirèrent pas quitter l’Egypte et moururent lors de la plaie des ténèbres.

· Comme nous l’avons dit dans la paracha Bo, Rabi Akiva pensait que le nombre des convertis ( Erev Rav), était quatre fois plus important que celui des bné Israël. Ainsi, les bné Israël représentaient un cinquième des sortantsd’Egypte.

· Enfin, le rav Yonathan Ben Uziel traduit que chaque famille sortit d’Egypte avec cinq enfants.

A priori, cette dernière explication semble plus qu’étonnante. Comment est-ce possible que ces 600 000 familles possèdent tous le même nombre d’enfants? Et si Hachem fit un miracle, pour quelle raison?

Pour répondre à cette question, nous sommes obligés de revenir sur le début du livre de Chémot. Moché Rabénou demanda à Pharaon de libérer les bné Israël. Celui-ci refusa, et leur rajouta même du travail. « Si vous avez du temps pour rêver à la liberté, cela prouve que vous ne travaillez pas assez! » Que fit ce Racha? Il ordonna aux responsables de la construction des villes de Ramses et Pitom de ne plus fournir la paille aux bné Israël. A partir de maintenant,ces derniers devraient aller la chercher dans les champs et produire le même nombre de briques par jour.

Si on réfléchit sur ce décret de Pharaon, celui-ci parait absurde. Si ce Racha désirait que les juifs n’aient plus de temps pour réfléchir, il lui aurait suffi d’augmenter le nombre de briques exigé:cent cinquante par jour,par exemple,et non plus cent. Ainsi, il eût été sûr qu’aucun juif ne puisse lever le bout du nez. Mais en leur enlevant la paille, il n’était pas certain du résultat car celui qui trouvait de la paille tout de suite terminait son travail comme d’habitude et pouvait continuer de rêver. Et celui qui ne trouvait pas de paille ne pouvait tout bonnement pas travailler!

Il est écrit dans la paracha Ki-Tavo:  » Nous sommes devenus un peuple très nombreux en Egypte. Les Egyptiens nous ont rendus mauvais: ils nous ont fait souffrir et nous ont donné un travail dur… » Nos sages expliquent que Pharaon ne désirait pas seulement asservir les juifs. Il voulait leur enlever leur humanité et les rendre cruels comme des animaux. Ainsi, si Pharaon avait augmenté le nombre de briques, les juifs auraient travaillé davantage mais seraient restés des hommes. En ne leur donnant pas de paille, il obligea les juifs à s’entre déchirer pour en saisir quelques brins. Il fallait parfois même tuer l’autre pour sauver sa propre vie. Les Nazis, imakh chémam, répétaient: « L’homme est un loup pour l’homme. » Ainsi les juifs furent confrontés à un dilemme: vivre comme des bêtes ou mourir comme des hommes. A cause de Pharaon, les juifs devinrent mauvais les uns envers les autres.

Lors de la sortie d’Egypte,ils se devaient d’enlever cette seconde nature d’égoïste. Que firent-ils? Le Rambam zal (dans Halahot Déotte) enseigne que chaque trait de caractère possède deux extrémités qui sont également négatives. Par exemple, de même qu’il n’est pas bon d’être radin, il n’est pas bon d’être trop généreux. Il faut toujours essayer d’être entre ces deux excès. Cependant, celui qui possède par nature un mauvais trait de caractère devra dans un premier temps s’en éloigner au maximum avant de pouvoir retrouver une position intermédiaire. Ainsi, un égoïste devra s’habituer à donner plus qu’il ne devrait pendant un certain temps afin de se défaire de ce défaut,et revenir à l’équilibre.

Comme nous l’avons dit, 4/5ième des bné Israël ne sortirent pas d’Egypte et moururent pendant l’obscurité. Les parents furent punis, mais pas les enfants. Ainsi, des millions d’orphelins furent soudain à la rue. Les 600 000 familles restantes décidèrent de prendre en charge ces enfants abandonnés. Ainsi, chaque famille sortit d’Egypte, non pas avec 5 enfants, mais avec les enfants de cinq familles: les siens plus ceux de quatre autres familles. Avec plus de cinquante enfants, un couple de parents s’engagea dans le désert. A propos de cette solidarité, Hachem dit au prophète Jérémie (2, 2) :  » Je me souviens du bienfait que tu fis lorsque Je t’ai sorti d’Egypte, quand tu me suivais dans le désert… »

Nous ne vivons plus, Baroukh Hachem, ni dans l’ Egypte ancienne ni dans l’ Allemagne nazie. Cependant, nos sociétés prônent,avec l’ultra libéralisme, l’individualisme et l’égoïsme. Il faut prendre avant l’autre afin de ne pas perdre! Pour extirper ce défaut de nous-même, nous devons également nous battre contre cette idéologie. Le seul moyen, enseigne le Rambam zal, c’est de faire l’inverse: penser à l’autre, même si cela implique une perte. Il existe tellement de façons de faire du bien autour de nous… Chacun a la possibilité d’encourager, de réconforter ou d’aider. Seulement, pour cela, il faut lever les yeux et commencer à regarder autour de nous. Alors qu’Hachem nous aide à devenir de véritables bienfaiteurs, amen kenyéhi ratson.

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