Fêtes juivesItshak NabetPessah

Pessah, la fête du renouveau

par Itshak Nabet

Comme nous l’avons déjà expliqué, les fêtes de Pessah, Chavouot et Soucot sont appelées «Chaloch Régalim ». Ce nom qui signifie littéralement les « trois pas » évoque la Mitsva de pèlerinage que l’on faisait à l’époque du Beth Amikdach. Lors de ces trois fêtes, les hommes devaient effectuer une marche qui commençait en bas du Mont du Temple pour s’achever sur les parvis du Beth Hamikdach. En outre, nos sages ont donné une raison un peu plus profonde à cette appellation. « Regel »veut également dire jambe en hébreu. Ainsi Pessah, Chavouot et Soucot représentent-ils les trois pieds sur lesquels chaque juif repose. Sans elles, nos vies spirituelles seraient bancales, instables. En effet, pendant chaque fête, Hachem déverse un flux de bénédictions spirituelles et matérielles. Et ce sera grâce à ces forces puisées que nous pouvons effectuer notre service Divin durant le reste de l’année.

Il est écrit dans la Michna de Roch Hachanna que Pessah est le Roch Hachanna des Régalim. C’est-à-dire que c’est la première fête de l’année. Or,dans la Torah,chaque première chose possède une sainteté particulière et contient en elle les bases de ce qui va suivre. Par exemple, le premier né d’une famille va influencer tous ses frères,et c’est pourquoi il reçoit une part double d’héritage. Si Pessah est la première fête de l’année, il paraît évident que son importance est supérieure aux autres cérémonies religieuses de l’année. Essayons de comprendre pourquoi.

Chaque fête possède son histoire spécifique, ses forces spirituelles et son service Divin propre. Ainsi à Roch Hachanna nous faisons le plein de crainte du ciel, à Kippour de Téchouva, à Souccot de joie…La source de ce phénomène provient du fait qu’ Hachem est éternel. Donc ses interventions dans le temps ont laissé une empreinte éternelle qui se perpétue chaque année. Par exemple, puisqu’Il pardonna aux bné Israël la faute du veau d’or le 10 Tichri, tous les ans,le 10 Tichri, à Yom Kippour, Il pardonne les fautes des bné Israël. C’est pourquoi si nous désirons comprendre l’essence de chaque fête, nous devons tout d’abord nous intéresser à l’intervention d’ Hachem lors de l’événement initial.

Comme nous le savons, le 15 Nissan, Hachem sortit nos ancêtres d’Égypte. Cette libération est considérée comme la naissance du peuple juif. A partir de cette date, le Créateur nous sépara des goyim afin de nous donner la Torah et de faire de nous Son peuple. Cette délivrance dura presque un an, pendant lequel Hachem multiplia les miracles aux yeux de tous, afin d’ancrer dans le coeur de millions de bné Israël le fait qu’Il maîtrise tous les éléments. Enfin, nous disent nos sages, par quel mérite nos ancêtres ont-ils eu la possibilité d’être sauvés? Par le mérite de leur foi. En effet, malgré plus de cent années d’esclavage, ils crurent en Moché Rabénou lorsqu’il leur annonça que Dieu l’avait envoyé pour les libérer. Voilà en quelques mots l’événement que nous allons célébrer.

Pessah représente donc la fête de la Emouna, de la foi. Chaque juif à la possibilité de remplir ses batteries de croyance en Dieu lors du Seder. En racontant les miracles qu’Hachem fit à nos ancêtres, nous remettons les choses au clair: tout est contrôlé par le Tout Puissant, les bonnes choses et les moins bonnes, les difficultés et les délivrances, l’argent, la santé, les enfants…Et plus nous allons raconter la sortie d’Égypte plus nous prendrons des forces pour l’année. Or comme la foi est le fondement notre religion, Pessah devait être la fête qui ouvrait l’année. Le don de la Torah et les Mitsvot, la crainte et l’amour de Dieu n’existent que si dans un premier temps nous prenons conscience qu’Il existe un Dieu qui a créé le monde et le gère dans ses moindres détails.

Mais plus que cela, nous devons savoir qu’il existe un travail encore plus élevé en ce soir de Pessah. Les bné Israël sont nommés « Banim Lamakom » les enfants d’Hachem. Cet attribut ne veut pas seulement dire que nous devons plus craindre Dieu que les autres, ou qu’Il se comporte envers nous avec plus de compassion. La notion d’enfant signifie qu’il existe un lien, un amour très fort entre Hachem et nous. Si nous faisons un bilan de Santé de notre religion à l’aube de ce printemps 2013, nous pouvons nous réjouir. Les juifs font Téchouva dans toutes les régions du Monde, se renforcent, mangent cacher, font Chabat.. Des dizaines de milliers d’avrékhim étudient la Torah toute la journée, des Yéchivot sont pleines…60 ans après la tragédie de la Shoah, un monde de Torah s’est reconstruit. Cependant,une ombre assombrit le tableau. Nous respectons la Torah et les Mitsvot, mais Hachem semble être absent de nos vies !! Lorsque nous avons des problèmes, nous nous tournons vers les médecins, les banquiers, vers tout le monde sauf Lui. Nous avons perdu ce sentiment d’être les enfants d’Hachem. Lorsque nous écoutons les histoires de nos grands parents,nous comprenons que même si les gens étaient ignorants, ils vivaient avec Hachem. Il faisait partie de leur vie, de leur maison comme un des membres de la famille.

Le soir de Pessah, l’histoire se renouvelle et laisse à chacun la possibilité de renaître. Nous pouvons ainsi recréer ce lien éternel et redevenir les enfants d’Hachem. A ces fins, nous n’avons qu’une seule chose à faire, imiter nos ancêtres et croire que c’est possible. Nous devons comprendre que notre Père peut nous aider à vivre cette vie spirituelle que nous désirons tant, qu’Il peut nous inculquer le goût de l’étude, de la prière, du Chabat…Voilà un des objectifs de ce soir de Pessah: pendant quelques heures, les portes s’ouvrent afin de donner la possibilité à chacun de prendre un nouveau départ. Alors ne passons pas à côté…

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