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Un autre Bilam

par Itshak Nabet

Comme vous le savez, la paracha de la semaine, Balak, nous raconte comment Bilam et Balak,deux ennemis d’Israël,voulurent détruire notre peuple. Balak, le roi de Moav, demanda à Bilam de venir maudire nos ancêtres. Mais,malgré tous leurs efforts, Hachem inversa les malédictions en bénédictions et sauva les bné Israël.

Nos sages expliquent que Bilam possédait un très haut niveau de prophétie, même plus haut que Moché Rabénou en certains points. La guémara,dans le traité de Nédarim (38, a),enseigne qu’Hachem ne fait reposer sa parole que sur un homme fort, riche, sage et humble. Le Ran zal s’étonne devant cet enseignement. Comment Bilam put- il mériter la prophétie? Alors que nos sages,dans les maximes des pères,disent qu’il était orgueilleux et envieux?

Une autre question a été soulevée par le rav Yonanathan Doumb chlita: lorsque Balak envoya ses représentants à Bilam pour le convaincre de venir, Hachem lui demanda:  » Qui sont ces gens? » Et il répondit selon Rachi : « Même si je ne suis pas important à Tes Yeux, je le suis aux yeux des rois. » A priori, comment comprendre ce commentaire de Rachi? Cet homme reçut la prophétie à un très haut niveau,alors comment peut- il dire qu’il n’est pas important aux yeux d’Hachem?

Enfin, si nous comprenons que Balak veuille se débarrasser de ce peuple qui représentait une menace aux portes de son pays,pourquoi Bilam possédait-il une telle haine envers nos ancêtres? En effet, on le voit se lever tôt le matin,et il scelle lui- même son âne tellement il est content d’aller les maudire. Et malgré tous les signes qui lui disent de renoncer à son projet, il s’entête, poussé par la haine. D’où provenait cette animosité?

Pour répondre à ces questions, essayons de comprendre un Midrach Agadol surprenant:  » Bilam était sûr qu’Hachem le choisirait pour sortir les bné Israël d’Egypte et pour leur donner Sa Torah. Lorsqu’il vit que Moché Rabénou fut choisi, il le jalousa et commença à le maudire dans son coeur. » D’après ce texte, nous avons une nouvelle compréhension de ce personnage. Bilam était prophète et possédait toutes les qualités citées par la guémara ci-dessus. Il était fort, riche, intelligent et humble. A tel point qu’il était convaincu qu’il serait le libérateur des bné Israël. Et, plus que cela, Rabi Tsadok Acohen affirme que Bilam propageait le nom d’Hachem au sein des nations, comme le faisait Avraham avinou. Cependant, tout cela n’était que la partie dévoilée de son être. Dans son subconscient se cachaient de façon latente la jalousie, l’orgueil, le désir… Et lorsqu’Hachem choisit Moché Rabénou et qu’il fut confronté à cette épreuve, il dévoila sa véritable personnalité.

En d’autres mots, Bilam se comportait comme un tsadik et ne savait pas lui- même qu’au fond de lui se cachaient des traits de caractères répugnants. Comme le disent nos sages dans le traité d’Erouvine (65, b): « Un homme ne dévoile sa vraie nature que lorsqu’il est ivre, en colère ou confronté à un problème d’argent. » L’épreuve est le révélateur de ce qui se cache au fond de l’homme. Or une des épreuves les plus grandes est celle de la jalousie. Comme il est écrit: la jalousie, le désir et les honneurs sortent l’homme de ce monde.

Comme nous l’avons dit, Bilam avait tout pour être heureux. Cependant,lorsqu’il ne fut pas choisi par Hachem à cause de cette intériorité non travaillée, il ne sut pas maîtriser les pulsions qui surgissaient du fond de son être. Il se laissa donc aller et devint le Bilam que nous connaissons: orgueilleux, répugnant, haineux… Désormais, nous comprenons d’où provenait cette haine contre nos ancêtres. Et pourquoi il déclara à Hachem qu’il n’était pas important à Ses Yeux.

Ainsi la Torah nous dévoile-t-elle le portrait d’un homme qui ressemblait à Moché Rabénou avant l’épreuve et qui sortit totalement de ses gonds après. Hélas, nous aussi possédons tous des défauts, au fond de nous, cachés dans notre subconscient. Le seul moyen,afin d’atteindre ces endroits et pour réparer ses cassures, réside dans l’étude des livres de morale, nous dit rav Israël Salanter. C’est pourquoi nous devons essayer de nous remplir sans cesse des paroles de nos sages afin de ne pas sortir du monde à l’image de Bilam. Alors profitons de ces mois de juillet et d’août pour prendre le temps de lire des oeuvres de Torah et de Moussar.

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