ChémotItshak NabetParachaTétsavé

La voix de la tunique

par Itshak Nabet

Dans la paracha de la semaine,Tétsavé, Hachem demande à Moché rabénou de fabriquer les vêtements des Cohanim et du Cohen gadol, du grand prêtre. Puis Il lui expliqua le nombre de sacrifices à apporter pour la semaine d’inauguration du Michkan, du temple portatif. La guémara,dans le traité Arkhin (16,a) enseigne au nom de Anané barSasson, pourquoi la Torah juxtapose les vêtements des Cohanim avec les sacrifices…

Pour nous apprendre que,de même que les sacrifices expient les fautes, les vêtements du Cohen Gadol effacent les pêchés des bné Israël. Puis la guémara enseigne que sa tunique ( le Méïle),qui possédait de petites cloches et faisait du bruit,servait à expier les fautes causées par la bouche qui est le membre qui fait du bruit. Si la gémara fit cette corrélation entre les vêtements du Cohen gadol et des fautes des bné Israël, il est certain qu’il existe un message pour les générations. Alors essayons d’écouter la morale que nous enseigne cette tunique. .

Avant d’expliquer la profondeur de cet enseignement, le Rav Moché Alcherzal enseigne la gravité des fautes liées à la bouche. Comme nous le savons, tout au long de la journée, nous servons Hachem avec nos lèvres : on se lève, nous remercions Hachem pour tous les biens qu’Il nous procure. Puis nous chantons ses louanges avant et après la lecture du Chéma et de la Téfila. De retour à la maison pour le petit déjeuner, nous faisons des bénédictions avant et après manger. Ensuite nous étudions un peu. Après le travail, la prière de l’après-midi et du soir. Encore un peu d’étude avant de dormir…Nous constatons que la bouche représente l’outil le plus utilisé pour le service divin. C’est pour cette raison qu’il est très important de faire attention à ne pas la salir avec des paroles interdites. Car la plus belle des prières ou des études est hélas obligatoirement entachée si les lèvres ne sont pas propres.C’est pourquoi il est tellement nécessaire de se protéger de la flatterie, de la diffamation, des moqueries, des disputes, des colportages et des insultes. Pour nous aider à lutter contre ce véritable fléau, la Torah nous livra quelques conseils. Voilà les secrets de cette tunique.

Il est écrit dans le livre de Chémot, paragraphe (28, 32-35) :« Et tu feras une tunique toute bleu azur sur laquelle tu placeras le pectoral. Son col sera plié à l’intérieur et cousu tout autour avec des points doubles pour qu’il ne se déchire pas. En bas de cette tunique pendront des petites grenades faites de fils bleu clair, bleu foncé et rouges, ainsi que des petites cloches en or entre deux grenades. Une grenade, une cloche, une grenade orneront le pan de cette tunique. Aaron devra la porter pendant son service, le son des clochettes sera entendu lorsqu’il pénétrera dans le sanctuaire devant Hachem, et il sortira vivant. » .

A l’aide du commentaire du rav Alcher zal, essayons de comprendre le sens de ces versets. Cette tunique bleue recouvrait presque tout le corps du Cohen Gadol. Comme nous l’avons dit, ce vêtement représente la parole. Celle-ci doit être « bleu azur » nous dit la Torah. Or, la guemara enseigne que l’un des fils du tsitsit était bleu azur, car cette couleur rappelle le ciel et le trône céleste. Ainsi, celui qui arrive à ne parler que de paroles de Torah se protège de tout mal et sanctifie l’ensemble de son corps. Car il arrive souvent que de simples discussions dévient très vite sur des paroles interdites. Le meilleur remède est de ne parler que d’Hachem et de ses Mitsvot.

Cependant, comme il est très difficile d’atteindre ce niveau, la Torah poursuit avec la description du col plié vers l’intérieur. Lorsque l’on parle avec une personne, en particulier lorsqu’il s’agit de son patron ou d’un client, il est très difficile de se protéger de la flatterie ou du mensonge. Ce col, qui ressemble à une bouche, devait être plié à l’intérieur du vêtement afin de nous rappeler l’importance de l’honnêteté. Notre parole doit être le reflet de notre cœur.

De plus, ce col devait être cousu avec des points doubles pour éviter de se déchirer. Il arrive parfois de dire du mal d’une personne. Ces paroles néfastes peuvent provoquer la haine et la séparation de deux individus. C’est pourquoi la Torah nous demande de fermer la bouche lorsque l’envie nous prend de médire. Nous devons nous coudre les lèvres afin de ne pas déchirer une amitié ou une relation. Ensuite,nous trouvons en bas de ce vêtement de petites grenades et des petites cloches en or. « Une grenade, une cloche, une grenade » nous dit la Torah.

Ces petites grenades en fil ne faisaient pas de bruit, à l’inverse des cloches. Pour nous dire qu’il est préférable de ne pas parler trop,il faut plus de grenades que de cloches. Et le peu de ces paroles doit être pesé comme de l’or. De plus, comme cette grenade qui garde ses grains à l’intérieur, nous devons faire attention à ne pas dévoiler tout ce qui nous concerne. .

« Aaron devait porter cette tunique pour le service » nous dit la Torah. Comme nous l’avons dit,c’est avec la parole que nous faisons la majorité de notre service divin. C’est pourquoi nous devons faire attention à ne pas salir notre si importante tunique par des paroles sales et des vulgarités. Ainsi,celui qui préserve sa bouche des propos interdits est entendu par Hachem.
Alors essayons d’appliquer ces précieux conseils afin de servir Hachem dans la pureté et la sainteté et pour que nos paroles donnent de nombreux fruits, amen ken yéhi ratson.

Tags

Articles Liés

Bouton retour en haut de la page