Lois du ChabatYossef Rozenberg

Mouktsé Mékhamat Gouffo: Les portes détachées (cour n°4)

par Yossef Rozenberg

Mouktsé Mékhamat Gouffo 

Les portes qui se sont détachées de leurs gonds
&   

les bouches d’égout et les couvercles des puits ou des citernes

♦ Quelle est le statut d’une porte qui s’est détachée de ses gonds ?

La porte d’un coffre ou d’une boite

La Loi des portes citées ci-dessus est qu’elles   ne seront pas Mouktsé.
Ceci malgré l’interdit de les replacer sur leurs gonds, à cause de la Mélakha de « Maké Bépatiche ». (voir les précédents chapitres).
La raison de cette loi est que les portes conservent leur statut de « Kéli » (ustensile) bien que séparées de leurs emplacement initial. En effet, une porte faisant partie d’un ustensile ou d’un objet ne sera pas considérée comme un débris, mais comme une fraction d’un autre ensemble, et possédant un statut d’objet à part entière.
Le talmud précise qu’il n »y aura aucune différence selon que la porte se soit séparée   avant Chabbat ou pendant Chabbat.
Même s’il serait plus simple de concevoir que les portes en question ne seront pas Mouktsé lorsqu’elles se seront cassées pendant Chabbat. Car elles faisaient partie intégralement de l’objet à l’entrée du Chabbat.(Beine Hachémachot- le crépuscule du vendredi soir, qui est le moment décisif pour l’établissement du statut d’un objet).
Quand bien même, les portes s’étant détachées avant Chabbat ne seront pas Mouktsé,  car une porte ayant fait partie d’un autre ensemble conserve le statut d’objet en elle-même.

La porte  d’une fenêtre  ou d’une chambre

Les portes de la maison qui se sont détachées de leurs gonds seront Mouktsé.
Il n’y’a aucune différence en fonction du moment où la porte s’est détachée, avant ou après Chabbat.
Ces portes ne relèvent pas de la même loi que les portes d’objets ou d’ustensiles pour la raison suivante :
elles n’auront pas un statut d’objet puisqu’elles ne font pas partie d’un autre ensemble (objet ou ustensile) et ne répondront donc pas aux lois qui le régissent. Tandis que les portes d’ustensiles acquièrent leur statut à travers l’objet auquel elles sont attachées.

Les bouches d’égout et les couvercles des puits ou des citernes

Le Talmud écrit dans le traité de  Chabbat  que le couvercle d’un puits ou d’une citerne   ayant une    poignée    pourra être retiré de son emplacement. Tandis qu’un couvercle n’ayant pas de poignée ne pourra pas être retiré de son socle.
Il s’agit, dans ce passage du Talmud, uniquement de puits ou de citerne, ou de tout autre infrastructure attachée au sol.
La raison de cet interdit est a priori à cause de celui de  Boné  (construire).
En effet, un couvercle qui n’a pas de poignée n’est pas destiné à être enlevé.  Le retirer consiste par conséquent à commettre l’interdit de Boné.
Cependant, le  Magen  Avraham  tranche qu’au-delà de l’interdit cité, les couvercles en question seront  Mouktsé. C’est-à-dire qu’en plus de ne pas pouvoir boucher ou déboucher les couvercles en question, nous ne pourrons même pas les déplacer.
Le  Biour  Halakha  explique cette loi selon le  Rambam: la loi des couvercles est semblable à celle des portes d’une maison. Ceux-ci n’ont pas le statut d’un  Kéli (ustensile, outil) comme cité auparavant et sont donc Mouktsé. En revanche, lorsque ces couvercles ont une poignée, ils possèdent le Statut d’un Kéli par le fait d’avoir une poignée.
Le  Chémirat  Chabbat  Kéhilkhata  souligne qu’une gravure dans le couvercle permettant de le soulever avec facilité fera également office de poignée et lui donnera un statut de  Kéli.
Les couvercles d’ustensiles ne sont pas  Mouktsé  et pourront être bouchés ou débouchés pendant  Chabbat. A condition qu’ils aient été destinés à ce but avant  Chabbat.

En pratique:

De nos jours, un couvercle recouvrant une bouche d’égout ou une ouverture de canalisation pourra être bouché ou débouché, à condition qu’il ait une poignée.

Certains  Posskims  sont d’avis que, de nos jours, on ne pourra pas boucher ou déboucher les couvercles. Car à l’époque du talmud et des anciens  Posskims, les couvercles étaient déplacés fréquemment pour accéder au contenu des puits. En revanche, de nos jours, il est plutôt rare de déplacer les couvercles des égouts. Cette action consiste donc à la  Mélakha  de  Boné  puisque retirer  le couvercle de son socle aura des conséquences prolongées sur sa position.
Le  Yalkout  Yossef  permet de déplacer les couvercles de nos jours, et on pourra s’appuyer sur son avis. 

Une poignée de porte qui s’est détachée

Cette question concerne essentiellement la Mélakha de Boné (construire, réparer). En effet, lorsqu’une poignée de porte s’est détachée, la remettre reviendrait à enfreindre la Mélakha de Boné car on répare la porte en replaçant sa poignée.
Par conséquent, cette poignée sera aussi Mouktsé Mékhamat Gouffo. On n’a en effet  pas le droit de la replacer car elle n’a aucune utilité durant Chabbat. Or un objet n’ayant aucune utilité pendant Chabbat est Mouktsé Mékhamat Gouffo.
Cependant, il existe un cas de figure où certains avis autorisent à replacer la poignée dans son assise.
Lorsque une poignée est destinée à être retirée et replacée fréquemment, la retirer ou la reposer ne constituerait pas à commettre la Mélakha de Boné.

Par exemple,pour une porte de laquelle on retire la poignée le soir par mesure de sécurité, reposer la poignée qui serait tombée n’enfreindrait pas la Mélakha de Boné.
Il en résulte que la poignée, dans ce cas de figure, ne sera pas Mouktsé.

Cependant, cette loi s’applique uniquement lorsque placer ou déplacer la poignée ne nécessite pas de vis, de clous ou  tout autre procédé prouvant que le replacement de cette poignée nécessite un réel travail.
Dans ce cas de figure, il sera interdit de remettre la poignée même si on l’habitude de le faire fréquemment.
(Sources : Chémirat Chabbat Kéhilkhata)

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