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La fin ne justifie pas les moyens

par Itshak Nabet

Dans la paracha de cette semaine,Vaéra, nous assistons aux prémices de la sortie d’Egypte. Chaque mois, Moché Rabénou et Aaron,son frère,se présentent devant pharaon pour l’avertir des conséquences de son refus de libérer leur peuple. Après plusieurs jours d’obstination, Hachem exécute ses menaces en mettant le pays à feu et à sang. En quelques mois, les juifs méprisés et voués à l’esclavage arrêtent de travailler, deviennent très riches et relèvent enfin la tête. D’un autre coté, le roi d’Egypte assiste à la chute de son empire. Les plaies du sang, des grenouilles, des poux, des bêtes féroces, de la peste, de la lèpre et de la grêle détruisent les récoltes, les arbres et les animaux domestiques du pays. Le nombre de morts est incalculable. Sept mois de souffrances et de douleur s’écoulent. Pharaon ne souhaite toujours pas libérer sa précieuse main d’œuvre, les bné Israël.

Hachem envoie ces plaies afin que les Egyptiens sachent que c’est Lui-même qui « lève Sa main » sur l’Egypte et qui sort les bné Israël, nous dit la Torah. Et à ces fins, Hachem désigne Moché rabénou pour accomplir cette mission et associe Aaron pour parler à sa place. Il donne ainsi un bâton à Moché pour effectuer ces miracles et pour montrer au monde entier que c’est Lui qui gouverne sur tout. Pourtant, si nous observons attentivement le déroulement des plaies, nous pouvons remarquer que seules sept ont été engendrées par Moché. Le sang, les grenouilles et les poux furent l’œuvre d’Aaron. Nos sages enseignent que puisque le Nil avait protégé Moché lorsqu’il était dans son berceau, il n’aurait pas été correct qu’il fût frappé par Moché. De même,lorsqu’il fallait taper sur la terre pour débuter les plaies des grenouilles et des poux, Hachem préféra ordonner ce geste à Aaron. Puisque la terre avait aidé Moché rabénou à enterrer l’Egyptien qu’il avait tué, cela aurait été un manque de reconnaissance de sa part de lever la main sur elle.

Si nous nous arrêtons un peu sur cette leçon de nos maîtres, nous pouvons apprendre une notion fondamentale. Comme nous l’avons déjà expliqué, le but de la sortie d’Egypte était d’ancrer dans le cœur des bné Israël qu’Hachem contrôle tous les éléments dans les moindres détails. Et pendant ces dix mois, les juifs ont pu voir comment la nature ne les dominait pas. Aucune plaie ne toucha ni un juif, ni ses biens. Les animaux qui dévoraient tout se montraient dociles avec eux…Ainsi ne s’agissait-il pas d’une simple délivrance: l’Eternel voulait une fois pour toute montrer à l’ensemble de Sa création qu’Il existait et qu’Il était au- dessus de tout. De plus, cette libération devait permettre aux bné Israël de recevoir la Torah et la Terre d’Israël. Or,malgré l’importance de ce moment, Hachem ne voulait pas que Moché manquât de reconnaissance envers des minéraux!! Il voulait sortir notre peuple des 49 niveaux d’impureté de la manière la plus propre qui fût.

Il peut souvent arriver à un homme de croire que la fin justifie les moyens. Les communistes ou les nazis réussirent à convaincre des millions d’hommes que pour arriver à un idéal, il était permis de tuer et d’enfermer des individus. Le mot d’ordre était le même: rien ne doit empêcher d’arriver au but. La Torah Akédocha nous enseigne exactement l’inverse. Même si l’action qu’on produit est capitale, il ne faut jamais l’accomplir sur le compte d’autrui,et jamais à son détriment. Hélas, il est fréquent de vouloir bien faire et de se tromper. Je me souviens d’un homme qui était rentré chez ses parents et qui avait vu que les assiettes de lait et de viande étaient mal séparées dans les éviers. Il commença à s’énerver et à exprimer à sa mère son fort mécontentement. Combien d’infractions à la Torah ce malheureux avait-il commises en quelques instants? Il avait fait honte en public à un individu, manqué de respect à ses parents, il s’était mis en colère…Tout cela pour un acte qui n’était même pas une interdiction des sages.

La paracha de la semaine nous appelle à être très vigilants. Lorsque nous commençons à devenir religieux ou lorsque nous voulons avancer dans les sentiers de la Torah, nous devons toujours vérifier si nous ne blessons personne. Il est très rapide de salir le nom d’Hachem à cause d’un mauvais comportement. C’est pourquoi,avant chaque chose, nous avons l’obligation de réfléchir: est-ce que je risque de causer du mal à quelqu’un en faisant cela? Si la réponse est « oui » ou même « peut être », il vaut souvent mieux s’abstenir et demander à un rav. Nous devons agir avec patience, sans aucune précipitation. Même si nous voyons une chose qui nous déplaît, il est préférable d’attendre un peu et d’en parler calmement avec la personne en question. Souvent, après un jour ou deux,et donc un peu de recul, on s’aperçoit que ce n’était pas si grave. Si Moché rabénou a laissé sa place à Aaron juste pour ne pas manquer de reconnaissance à des minéraux, alors qu’il devait libérer les bné Israël et sanctifier le nom d’Hachem, combien devons nous faire attention à ne pas blesser un être humain,peut importe le motif? Nous vous souhaitons de réussir dans cette tâche des plus difficiles. Qu’Hachem nous protège des embûches et qu’Il nous guide pour accomplir Sa volonté de la meilleure manière, amen ken yéhi ratson.

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