BékhoukotaïItshak NabetParachaVayikra

Finir l’année et ses malédictions…

par Itshak Nabet

Le prophète Ezra préconisa de lire la paracha Békhoukotaï avant la fête de Chavouot, et Ki-Tavo avant celle de Roch Hachana. Cette année, nous lirons hors d’Israël, en plus de cette paracha, celle de Béhar. La guémara, dans le traité de Méguila (31,b),explique que nous lisons Békhoukotaï, qui comporte de nombreuses malédictions, afin de finir l’année avec ses malédictions et de commencer l’année avec des bénédictions.

Le rav Chlomo Bravda zal pose la question suivante: « Nous savons que, dans la Torah, seul celui qui s’efforce trouve. Il est impossible, » nous dit le Talmud « de trouver sans s’efforcer » ou de « s’efforcer et de ne pas trouver »! Alors comment expliquer que celui qui va à la synagogue ce Chabat et écoute la paracha Békhoukotaï se voit exempté des malédictions qui planaient sur sa tête? N’est-ce pas un peu trop facile?

Pour répondre à cette question, nous allons essayer de comprendre les paroles du Rambam zal dans les lois de la Téchouva, chapitre 8. Le Rambam développe que le salaire des Tsadikim sera dans le monde futur. Un endroit où la mort, la faim, le corps n’existent pas. Dans cet espace, les justes profiteront de la Présence Divine… Et la véritable punition des impies sera de ne pas pouvoir accéder à ce plaisir. Et pourtant, si nous observons la paracha de la semaine, il semble que la Torah définisse différemment la récompense des justes et la punition des impies: « Si vous étudiez la Torah et gardez mes Mitsvo, alors Je vous donnerai la pluie en son temps: la terre donnera sa récolte, les fruits seront bons. Vous mangerez votre pain en sécurité et vous serez rassasiés. Il y aura la paix… Et sinon, Has véchalom, vous vivrez dans l’inquiétude. Il n’y aura pas de récolte, les bêtes féroces et les ennemis vous pourchasseront, vous serez exilés…  » Comme nous pouvons le constater, la récompense et la punition se trouvent dans ce monde!! Alors comment le Rambam zal explique-t-il cette paracha?

Cette question, le Rambam lui-même la pose dans le chapitre 9 des lois de Téchouva. Et voici l’essentiel de sa réponse. Nous vivons dans un monde matériel qui nous oblige à manger, dormir, boire… Un homme est obligé de travailler un grand nombre d’heures pour subvenir aux besoins de sa famille. Sachant qu’il doit encore se nourrir, dormir, se laver, discuter avec sa femme et ses enfants, quel temps lui reste-t-il pour étudier et faire les Mistvot? Comment Hachem peut- il nous demander de le servir dans ces conditions?

Lorsque nous faisons les Mitsvot, Hachem déverse sur nous toutes les bénédictions écrites dans la Torah. Cependant, ces bienfaits ne sont pas les récompenses de nos actions. Hachem nous a donné la Torah, l’arbre de Vie. Tout celui qui accomplit ce qui y est inscrit, et qui s’efforce de la connaître, mérite le monde futur. En fonction de ses actes et de sa sagesse, il acquerra sa place dans ce monde futur. Mais, plus que cela, la Torah promet à tout celui qui accomplit les Mitsvot dans la joie, et qui l’étudie constamment, de lui enlever les choses qui pourraient l’empêcher de servir Hachem, comme la maladie, la guerre, la famine… Hachem lui enverra la paix, l’argent, la santé… afin qu’il ne passe pas sa vie à s’occuper des choses matérielles. Ainsi, Hachem lui offre les moyens pour étudier et pour faire les Mitsvot, afin de mériter le monde futur. Mais si un homme décide volontairement de se préoccuper de ce monde et de délaisser la Torah et les Mitsvot, Hachem lui enlèvera la possibilité de les faire et de mériter le monde futur. Il devra travailler durement pour se nourrir, fuir les ennemis, vivre l’exil…Il perdra alors ce monde-ci et le monde futur.

Dans la paracha Béréchit, il est écrit que lorsqu’Hachem acheva la création du monde, il témoigna que son œuvre était « très bonne ». En effet, nous dit le Midrach, il n’y avait ni maladie, ni famine, ni guerre…Hachem demanda à l’homme de faire attention à ne pas l’abîmer. Ainsi, toutes les malédictions qui défilent dans les journaux, chaque jour, sont le fruit de nos mauvaises actions. Nous abîmons le Monde d’Akadoch baroukh Hou. En cette veille de Chavouot, qui ne désire pas une année riche en Torah et en Mitsvot? Cependant, nous savons que de nombreux obstacles nous empêchent de servir Hachem comme il le faut. Tous ces impondérables semblent être naturels, voire inévitables.

Le prophète Ezra institua de lire cette paracha avant Chavouot afin de nous réveiller. Regardez cette paracha! Ces empêchements sont des punitions car nous avons fauté. Ainsi, lorsqu’un homme se rend à la synagogue et écoute notre paracha, il prend conscience de ses erreurs et fait Téchouva. Il permet ainsi à l’année de se conclure avec ses malédictions pour laisser place à une année pleine de bénédictions, amen ken yéhi ratson.

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