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Se cacher la vérité  

par Itshak Nabet

Dans la paracha de la semaine, Vayigach, Yosef se dévoile à ses frères et les invite à le rejoindre en Egypte au moins jusqu’à la fin de la famine. Le midrach Tanhouma raconte une chose étonnante : même après que Yosef leur eut annoncé sa véritable identité, ils ne le crurent pas. Ce n’est que lorsqu’il leur montra sa Brit Mila et leur parla en hébreu qu’ils le reconnurent.

De nombreux commentateurs s’interrogent à propos de tout ce passage. Comment ses frères ne l’ont-ils pas reconnu ? Est-ce qu’une barbe empêche vraiment de reconnaitre un proche parent ? De plus, l’histoire de Yosef, l’esclave hébreu qui fut nommé second du roi d’Egypte, avait dû faire le tour du monde…Ensuite, lorsqu’il les soupçonne d’être des espions, il leur demande : est ce que votre frère et votre père sont en vie ?  Est-ce que l’on interroge des soldats ennemis de cette façon ? A leur retour, il les invite à manger. Il les dispose autour de la table selon leur âge et leur mère, et surtout, il leur montre qu’il a fait l’abattage de la bête selon la loi juive. Et avec toutes ces preuves, il les vit douter lorsqu’il leur dévoila : je suis Yosef votre frère. Comment comprendre une chose pareille ?

Il est écrit dans le traité de Chvouot (31, a) qu’il est interdit au beth Din d’écouter la déclaration d’une des parties avant que l’autre soit présente. Le Maharal de Prague dans son livre Nétivot Olam explique que même si le premier dit la vérité, le jugement est faussé. Car lorsqu’on se fait une opinion d’une histoire ou d’un sujet, il devient très difficile après de changer son point de vue. Donc le juge pensera que cette déclaration est la vérité et que le second est un menteur. Le rav Dessler zal ajoute que chaque homme est le juge de ses propres actions, de son comportement. Or si déjà un léger favoritisme empêche l’homme de voir la vérité, à plus forte raison nos traits de caractères et nos désirs.

Les frères de Yosef étaient convaincus d’avoir fait le bon choix en le vendant en tant qu’esclave. Leur seule faute était de ne pas avoir eu pitié des pleurs de leur frère. Pour eux, Yosef représentait une menace, qui avait donc été  abolie. Grâce à leur acte, ses rêves ne se transformeraient pas en réalité. Ainsi, ils cherchèrent leur frère dans les marchés de prostitution et d’esclavage. Il semblait impossible qu’il fût roi et que ses prémonitions se fussent accomplies. C’est pourquoi ils ne purent le reconnaitre.

De là nous apprenons une grande leçon : un homme peut nier des vérités flagrantes, inconsciemment ou non, lorsque celles-ci le dérangent. La plupart des juifs savent que le monde a un Créateur, qu’il y a un but et un sens à la Création. Que nous sommes le peuple élu et que la Torah est vraie. Que nous ne pouvons rien apporter là-bas si ce ne sont les Mitsvot et la Torah que nous avons étudiée ici. Et pourtant nous fermons les yeux, nous investissons nos forces et notre argent pour ce monde-ci et nous délaissons la vie éternelle. Dès qu’un homme possède des intérêts personnels, il ne peut plus discerner la vérité.

Alors comment pouvons-nous faire pour trouver la vérité ? Tout d’abord, nous devons essayer d’enlever les axiomes que l’on s’est fixé, et être prêts à avouer que l’on s’est trompé. Il faut désirer s’améliorer, accepter ses imperfections et savoir recalculer sa .î lorsque l’on sent qu’on s’est égaré.

Baroukh Hachem, comme disait le rav Israel Salanter : tant que la bougie brûle, on peut réparer. Grâce à l’étude de la Torah, un homme s’élève, se parfait et voit la vérité. A nous d’ouvrir les yeux et de la reconnaitre à la lumière des enseignements de nos sages.

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