Fêtes juivesLa TéchouvaYom Kippour

Un cadeau formidable

par Itshak Nabet

Il est écrit dans le traité Chabat (10,b) que celui qui fait un cadeau à son ami doit l’ informer de sa valeur. Nos sages expliquent,en effet, qu’il est important que celui qui reçoit un présent en connaisse l’importance afin qu’il ne le néglige pas. Parfois, une femme peut recevoir un bijou ou un tableau très cher et penser que c’est un petit cadeau sans valeur. Pour ne pas en arriver à cette situation gênante, le talmud nous enseigne que celui qui offre un beau cadeau doit en prévenir son ami. Ce Chabat,Hachem nous offre l’occasion de faire Téchouva lors du jour de Yom Kippour. Essayons de comprendre l’importance de ce jour afin de ne pas mépriser ce cadeau incroyable.

Il existe plusieurs allusions à la Mitsva de Téchouva dans la Torah, notamment dans la parachaNetsavim. Comme il est écrit: «Cette Mitsva n’est pas loin de toi, ni inaccessible…», ou encore «Et tu reviendras vers Hachem et tu écouteras sa voix…» A priori, tout celui qui lit ces versets comprend que celui qui entreprend la démarche de Téchouva et qui abandonne ses fautes, les avoue, les regrette et prend sur lui de ne plus recommencer, se rapproche du Créateur et se voit pardonner ses forfaits. S’il en est ainsi,nous avons une grande question sur un texte de Yeheskiel chapitre (33,10) dans lequel Hachem dit à ce prophète: lorsque les enfants d’Israël te diront: «nous avons tellement fauté que nous allons mourir avec ces fautes, car la Téchouva ne pourra pas nous protéger!» dis- leur en Mon nom:«Je jure, parole du Seigneur Hachem, que je ne désire pas la mort de l’impie. Je ne désire qu’une seule chose: qu’il revienne de ses mauvais chemins et qu’il vive! Revenez, Revenez de vos voies tortueuses… Pourquoi mourir,enfants d’Israël?»

De nombreux points sont étonnants dans ce texte:premièrement, pourquoi nos ancêtres n’ont- ils pas cru qu’ils pouvaient faire Téchouva,alors que c’est une Mitsva explicite dans la Torah? De plus, pourquoi Hachem eut-Il besoin de jurer? Pourquoi ne leur a-t-Il pas simplement présenté les versets de la Torah qui incitent à revenir vers Lui? Pour répondre à ces questions,nous allons nous servir d’une allégorie du rav Baroukh Rozenblum chlita à qui nous devons ce dvar Torah :

Un chef d’entreprise avait ouvert depuis plusieurs années un petit super-marché. Un petite dizaine de caissières, une autre dizaine employés s’occupaient de la manutention, de l’entretien et encore quelques secrétaires et un comptable. Ce petit monde faisait entrer en moyenne 5 000 euros par jour. Ainsi, le revenu annuel s’élevait-il environ à 1 600 000 euros. En enlevant les salaires, les locations du terrain, des camions…cette entreprise devait finir l’année avec un peu plus de 250 000 euros de bénéfice. Cependant, à la fin de l’année, après avoir remis les comptes à son expert comptable, celui-ci lui répondit, le visage sombre,qu’il avait accumulé un peu plus de 500 000 euros de dette… Le patron incrédule n’en revenait pas : » comment est-ce possible? Vous savez, répondit le comptable, les chiffres ne mentent pas! Maintenant, il peut exister de nombreuses raisons qui peuvent entraîner une situation comme celle-ci : des employés peuvent détourner des marchandises, ou les livreurs peuvent garder des cargaisons, ou encore le comptable peut faire des erreurs… Après quelques mois d’enquêtes et de visionnage des vidéos de surveillance…il découvrit que la faute venait du comptable. Celui-ci avait commis de nombreuses et graves erreurs qui avaient entraîné cette crise. Le chef convoqua l’employé et lui apprit son licenciement. Le comptable éclata en pleurs : » je vous en prie ne me renvoyez pas, j’ai dix enfants à la maison. Je vous en prie, je ne ferai plus d’erreurs, je vais faire attention, laissez moi encore une chance ! » Le chef d’entreprise, fut prit d’un élan de pitié et lui laissa une dernière chance : » attention si l’année prochaine tu te trompes… » Hélas, le scénario se reproduisit l’année suivante… seulement au lieu de causer la perte de 750 000 euros, il n’entraîna « que » la perte de 125 000 euros.

Est- il possible qu’une personne équilibrée puisse garder un employé comme cela? Même s’il se met à pleurer comme un bébé, tout patron dirait : » écoute, je ne suis ni les restos du cœur ni l’armée du salut, je suis désolé… » Voilà la question des enfants d’Israël à Yeheskiel. Comment Hachem peut-il encore nous pardonner? Après toutes ces années de fautes…Comment un patron peut il garder un employé comme cela? C’est complétement illogique. » Le rav Blazer zal explique qu’un homme ne jure que pour renforcer une chose qui n’est pas logique. Si je dis que j’ai vu un bus à Paris, je n’ai pas besoin de jurer. Si je dis que j’ai vu un avion décoller sur les Champs Elysées, je vais devoir jurer pour renforcer ce que j’affirme.

Hachem jura aux enfants d’Israël que,malgré ces dizaines années de fautes, Il n’attendait que leurTéchouva. Pourquoi? Parce que le comptable de cet histoire, c’est le fils du chef d’entreprise. Or,lorsqu’un père voit les erreurs de son fils, le rapport est complétement différent. «Vous êtes les enfants d’Hachem» nous dit le prophète. Et même si tous les ans, vous fautez contre Moi, Je jure que vous pouvez revenir. A l’image d’une mère qui prend son bébé et le nettoie… Malgré les mauvaisesodeurs, elle fait attention à ce que l’eau ne soit pas trop froide pour son petit Moché, ni trop chaude,du reste. De même, Le Maître du Monde,tous les ans, nous prend et nous nettoie de toutes nos fautes, de toutes nos impuretés le Jour de Kippour et nous appelle à revenir vers Lui, année après année. Voilà le cadeau incroyable que nous allons recevoir samedi. Voilà pourquoi il n’existe pas de jour meilleur pour Israël que ce jour de Kippour. Seulement, n’oublions pas que ce jour n’ efface les fautes que de celui qui fait Téchouva. Alors,profitons de ces 25 heures pour demander pardon et prendre sur nous quelques résolutions pour l’avenir.

Nous vous souhaitons une très bonne fête, et une année pleine de Vie, de Torah, de Mitsvot, de santé, d’argent,et de paix…

Et,par- dessus tout,qu’on ait le mérite d’entendre très prochainement le son du Grand Chofar, amenken yéhi ratson.

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