BéréchitNoa'hParacha

L’arche de Noa’h

par Jeremy Cohen

En hébreu l’arche se dit « Téva » תבה ce même mot signifie « un mot ».

Par ailleurs les mesures de l’arche sont de 300x50x30 coudées , la valeur numérique de ces mesures donne le  לש(ו)ן » , le « langage ».

Quel rapport peut il bien avoir entre l’arche et un mot, un langage ?

Revenons un peu en arrière, Noa’h vit dix générations après Adam, celui ci après avoir été créé seul, Hashem dit finalement לא טוב היות האדם לבדו Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul.

Pourtant lorsque Ève pousse Adam à la faute, celui ci dit : « c’est la femme que tu m’as donné qui m’a donné de l’arbre et j’ai mangé (le fruit interdit par Hashem ) ».

De plus Adam n’eu pas de relation avec Eve pendant 130 ans, avant de concevoir Chéte.

Il craignait la relation avec sa femme.On a l’impression que c’est très tendu.

D’un côté Hashem ne veut pas le voir seul, d’un autre côté Adam n’accepte pas vraiment  finalement.

Hashem crée l’homme seul, un être parlant, intelligent, à son image, pour montrer que l’homme peut lui ressembler, comme lui unique il règne sur la terre.

mais cela risque d’être vécu de manière narcissique si l’homme se pense suffisant, du coup il faut que l’homme ne soit pas seul, il doit ouvrir un dialogue il doit être avec Eve !

Cette voix et ce dialogue que l’homme peut avoir à travers le couple ou la torah, permet à l’homme de se retrouver avec lui même, de retrouver ce qu’il ya de profond en lui.

Bien sûr il ya une gestion à avoir, une communication bien ficelée etc ça a mal tourné avec Adam, il pensait par exemple que Eve avait eu l’autorisation de manger le fruit interdit, ce qui n’était pas le cas.

Mais de manière générale, l’homme doit ouvrir un dialogue, émettre une voix, écouter une voix, par son couple, par la prière ou l’étude de la thora.

Dans la prière l’homme de tient devant  Hashem et lui demande ses besoins, il n’est pas suffisant.

Dans l’étude, parmi les 48 manières de faire soi la thora on cite : savoir écouter, savoir s’exprimer, s’imprégner des maîtres, débattre avec les élèves, connaître sa place, aimer la remarque /remise en question, ne pas avoir la grosse tête, poser des questions, trouver des réponses, rajouter de la sagesse au maître, bref, un tas de qualités requises pour établir un vrai dialogue et ne pas rester dans la suffisance.

Seul ce dialogue pourra extraire des vérités qui se relient à Hashem.

Avant le don de la torah, il était possible par exemple d’apprendre beaucoup des créatures, la guemara dit qu’il est possible d’apprendre de la fourmille le travail, du chat la pudeur etc

Le monde était de Tohu avant qu’Hashem mette tout en place.

Qu’est-ce le Tohu ?

il s’agit de ce qui s’appelait le « Youli » יולי , une matière prête à recevoir une forme selon le Ramban.

Ce que Hashem crée à partir de rien ce n’est qu’une matière prête à être exploiter, tout est en potentiel.

(Probablement ce que l’on connaît aujourd’hui de l’infiniment petit et de la physique quantique.)

Pourquoi est ce écrit dans la torah qu’au départ il y avait le Tohu, avant que tout ne se mette en place ?

Cela vient nous apprendre qu’il faut arriver à sortir du flou, du Tohu et à concrétiser, on ne concrétise rien par la pensée uniquement, mais la pensée devient concrète et prend une forme lorsqu’elle est exprimée par la bouche, par la parole. À l’image d’hashem qui donne forme au monde par des paroles.

Le mot est une arche, un contenant, il contient à l’intérieur la pensée de l’homme, le cœur de l’homme ce qu’il pense réellement et ce qu’il est.

À nous de produire un vrai contenu qui pourra prendre forme et être exprimé.

La guemara dit que le monde dure 6000 ans (le décompte commence depuis Adam), les 2000 premières années sont Tohu, soit floues.

Après 2000 ans de Torah, qui commencent à partir d’Avraham. Et enfin 2000 ans desquels le Machiah peut se dévoiler.

Dans les 2000 années de Tohu, de flou total, d’un monde sans repères, sans formes, sans contenu, comment arriver à créer un dialogue, ne pas être suffisant pour faire le pont jusqu’à Avraham qui entame les 2000 ans de torah ?

Il fallait à minima se baser sur son couple, sur une structure familiale qui ouvre ce dialogue.

Avant le déluge ce n’était pas le cas, l’homosexualité et la zoophilie régnaient, même les animaux allaient les uns avec les autres, aucun contenu ne pouvait se dégager.

Noa’h reçoit l’ordre d’Hashem de construire la Téva, celle qui contient, qui enferme, qui conserve.

Quand le Tohu règne autour il ya une seule possibilité d’émettre un dialogue, ce dialogue qui fera sortir l’homme de sa suffisance, (cette suffisance qui le contraint à rester sans vrai contenu) c’est l’arche la Téva.

Savoir s’enfermer dans l’arche, se cloisonner du monde entier sert Noa’h de ne pas être perdu dans ce déluge.

Quand on ne garde pas la forme de chaque chose alors faut effacer. C’est tout le problème de la génération Noahide, plus aucun repères, aucune formes.

L’eau efface toute forme. Et on remet un monde 2.0

Et c’est comme cela qu’ Avraham haïvri, va entamer l’ère de la torah, ivri signifie : « de l’autre côté » : lui d’un côté et le monde de l’autre côté.

Yaacov avec qui le peuple d’Israël va se créer et qui a tous ses enfants justes, qui arrive à retrouver le niveau d’Adam avant la faute était assis dans une tente. C’est à dire pas ouvert au monde extérieur pour apprendre la torah avec ses maîtres.

Seule cette manière s’inscrit dans l’ouverture du dialogue, le reste appartient au flou et à la suffisance.

Le potentiel que l’homme doit révéler dans le monde, à travers le verbe, le לשון, si l’époque autour de lui est sans repères, si la parole ne veut plus dire grand chose et ressemble à l’époque du déluge, alors ce sera la solution d’être hermétique au monde extérieur.

« כל מי שאין בו דעה אסור לרחם עליו « 

« Celui qui n’a pas la connaissance, il est interdit de le prendre en pitié « . (Berakhot 33a)

Lorsque le talmud parle de la Torah il parle de רחמנא, la miséricorde que hashem déverse.

Cette miséricorde peut être suscitée si on rentre en contact avec Hashem, par la prière ou par la torah. Si quelqu’un n’investit pas dans le Daat, dans la connaissance, s’il se trouve suffisant, alors il ne suscite pas la miséricorde.

Noa’h peut espérer la miséricorde, il se met en position pour rayonner de son esprit.

Il peut espérer la miséricorde, il va être sauvé.

Hashem use de sa Rahamim, miséricorde pour ceux qui ouvrent un dialogue avec lui, dans les conditions requises pour que ça fonctionne.

La miséricorde c’est laisser du temps supplémentaire pour évoluer, ça s’inscrit dans du long terme pour enfin de compte être jugé strictement.

Une allusion à cela c’est la longueur de la Téva qui est de 300, la valeur numérique de ברחמים, Par miséricorde.

Ce dvar torah est inspiré des enseignements de rav Moshé Shapira Zatsal.

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