Fêtes juivesItshak NabetPessah

Et tu raconteras la sortie d’Egypte…

par Itshak Nabet

Comme vous le savez, nous approchons à grands pas de la fête de Pessah. Afin de se préparer à cet événement, nous allons essayer d’expliquer un des messages de cette fête.Il est écrit dans la Agada que « même si nous étions tous des érudits, il nous incomberait de raconter la sortie d’Égypte. Et plus on parle de cette libération, mieux c’est! »Nous voyons,à travers ce texte que nous lisons tous les ans,que la Mitsva de raconter la sortie d’Égypte se différencie des autres commandements. En règle générale, lorsque nous accomplissons une Mitsva, nous nous rendons quitte de notre obligation, et on ne gagne rien à la refaire plusieurs fois. Par exemple,il y a une Mitsva de se souvenir de la sortie d’Egypte tous les jours et toutes les nuits. Pour cela,nous mentionnons dans la lecture du Chéma le matin et le soir qu’Hachem nous délivra d’Egypte. Et pourtant la Torah se suffit de cela: il n’est en effet nulle part demandé de multiplier cette Mitsva. Alors pourquoi, le soir de Pessah, plus on en parle et mieux c’est?

La fête de Pessah représente la fête de la foi, le Roch Hachana de la Emouna. Notre niveau de croyance de toute l’année est influencé par notre Seder et en particulier par la Mitsva de raconter la sortie d’Egypte. La foi qu’exige de nous la Torah se décompose en trois points essentiels. Nous devons croire qu’il existe un Créateur du Monde. Et que ce Dieu contrôle tout dans les moindres détails. Enfin que le peuple juif a été élu, comme nous le disons lors des prières de Pessah: « Tu nous as choisi parmi toutes les nations, Tu nous aimes et Tu veux de nous ». Voilà les trois éléments qu’un juif est obligé de croire. Or à travers l’histoire de la sortie d’Egypte et des dix plaies, nous allons ancrer en nous cette foi pour toute l’année.

Lorsque Moché rabénou demanda à Pharaon de libérer les bné Israël pour servir Hachem, celui-ci répondit qu’il ne connaissait pas Hachem. En revanche, il reconnut qu’il existait un Elokim. Le terme de Elokim représente le comportement de Dieu à travers la Nature. Ainsi Pharaon admit-il qu’il y avait un être qui avait créé ce monde,mais nia le fait que Celui-ci intervienne au sein de Sa création. C’est pourquoi il ne reconnut pas le nom d’Hachem, qui représente Sa capacité à maîtriser et à dominer chaque événement. Les dix plaies avaient donc pour but de prouver au Monde que Dieu dirige et contrôle l’ensemble de la création. Ainsi,un verre d’eau dans les mains d’un juif se transformait-il en verre de sang dans celles d’un Egyptien. Les animaux, les maladies, les conditions climatiques détruisirent les biens des Egyptiens sans jamais abîmer ceux de nos ancêtres. Pendant un an, Hachem prouva à des millions d’êtres humains qu’il n’existe rien qu’Il ne maîtrise. De la plus petite créature jusqu’aux astres, rien n’échappe à Sa volonté. Ainsi,une fois par an, depuis cette libération, chaque père explique à son fils ce qu’il a reçu de son père et de son grand père, comment Hachem nous sauva d’une main puissante et comment il humilia nos ennemis. C’est pourquoi même les juifs qui sont les plus éloignés de la Torah et des mitsvot se réunissent en famille le soir du 15 Nissan pour transmettre ce message depuis plus de quatre mille ans.

Entre autres,à travers la sortie d’Egypte,nous constatons combien Hachem nous aime. En effet, les bné Israël étaient arrivés aux 49 niveaux d’impureté et pratiquaient l’idolâtrie encore plus que les Egyptiens eux- mêmes. Il nous est impossible d’imaginer à quoi ressemblaient nos ancêtres tellement ils étaient tombés bas. Et c’est dans ce contexte que le Maître du monde s’adressa à eux en les appelant « Mon fils, premier né, Israël ». Nous ne sommes pas que Ses serviteurs, nous sommes avant tout Ses enfants.La sortie d’Egypte nous rappelle tous les ans combien le Créateur nous aime d’un amour infini, indépendamment de notre comportement, car nous sommes appelés Ses fils. Or l’amour d’un père pour son fils ne dépend d’aucune circonstance extérieure. C’est pourquoi si un juif ne croit pas que même s’il a commis les pires bêtises toute sa vie, il reste le fils unique, le bien- aimé d’Hachem, il remet en question un des fondements de notre foi. Voilà le second message de cette libération.

Enfin le Maguid de Kouznitz zal explique que chaque année, le soir de Pessah, se renouvellent les forces qu’Hachem mit dans le monde lors de cette libération. Ainsi, pendant « cette nuit gardée », chaque juif peut sortir de toutes ses limites et de tous ses problèmes. Comme il est écrit « à chaque génération, nous sommes obligés de nous considérer comme si nous-mêmes sortions d’Egypte ». Or le Ramak zal enseigne que lorsque nous racontons la sortie d’Egypte, nous faisons descendre sur nous les lumières et les forces qui nous permettent de nous délivrer de tous nos exils. Ainsi,plus nous en parlons, plus nous faisons naître une puissance importante qui ouvre toutes les portes qui nous empêchent d’avancer. Cependant,comme l’on dit nos sages: »De même que nos ancêtres ont été délivrés par le mérite de leur foi, de même à la fin des temps la libération viendra grâce à notre croyance. »C’est pourquoi tous ces espoirs dépendent de notre croyance dans les possibilités que ce Seder de Pessah nous donne. Nous devons être convaincus qu’Hachem peut nous délivrer de toutes nos souffrances et plus nous nous imprégnons de ce point,plus nous nous donnons la possibilité de sortir de nos » Egypte »
respectives.

Désormais,nous comprenons pourquoi les sages ont tellement insisté sur l’importance de raconter la sortie d’Egypte en ce soir de Pessah. Pendant ces quelques heures en famille, nous allons recharger nos batteries en foi pour l’année puisque nous avons la possibilité de nous libérer de toutes nos faiblesses. C’est pourquoi nous devons profiter le plus possible de cette soirée pour ne pas passer à côté de cet événement.A cet effet, nous devons essayer de nous préparer avant le Séder en étudiant les textes qui concernent la sortie d’Egypte et,surtout,nous devons utiliser chaque instant de cette soirée pour prier pour nous et nos proches. Car en cette nuit, toutes les portes du ciel sont ouvertes et aucune prière ne revient vide. Nous vous souhaitons de voir s’accomplir toutes les délivrances que vous désirez et de passer de très bonnes fêtes…

Inspiré du livre Nétivot Chalom.

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